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Le lynx ibérique rencontre de nouvelles difficultés

/ Europe

Véritable icône médiatique, le félin le plus menacé de la planète fait l’objet d’un programme de reproduction en captivité qui souffre de l’opportunisme politique et de la sur-médiatisation.

Une annonce récente indique que la moitié des 70 lynx vivant en captivité souffrent d’insuffisance rénale chronique (IRC), une maladie non transmissible, développée généralement en fin de vie par les félins. Elle a déjà tué quatre individus, et dix autres devraient en être victime au cours de l’année à venir.

Ce sont les animaux des centres de reproduction d’El Acebuche (Doñana), de La Olivilla (Sierra Morena) et de Silves (Portugal) qui sont touchés. Les deux cents individus vivant en liberté semblent épargnés.

Parmi les causes possibles, la vingtaine de scientifiques qui s’intéressent à cette maladie évoquent l’alimentation ou les vaccins défectueux.

Pour Astrid Vargas, directrice du programme à qui l’on doit la première reproduction de lynx en captivité en 2005, l’IRC restera circonscrite à l’année 2009 et ne remet pas en cause la stratégie employée.

Pourtant, celle-ci prévoyait que les lynx commencent à être relâchés cette année, et les experts avaient estimé qu’au moins 56 individus devaient être libérés afin d’assurer la réussite du projet. Or seuls 46 des 70 lynx élevés en captivité ne souffrent pas d’IRC. Le nombre de naissances annuelles a également été affecté par la maladie.

L’envoi de lynx vers d’autres centres est donc compromis, d’autant plus que la capture d’individus sauvages est dorénavant écartée. En effet, l’Andalousie, où vivent l’essentiel des lynx sauvages, préfère maintenant les réintroduire directement dans la zone de Córdoba.

Le programme de relâchement sous pression

Symboles de la préservation environnementale, ces programmes se heurtent à de nombreux obstacles : leur coût colossal (30 millions d’euros pour le projet LIFE d’Andalousie) les rend impopulaires auprès d’une partie de la population, et les enjeux politiques qu’ils génèrent créent une pression médiatique excessive, qui nuit parfois aux animaux. Un grand nombre de journalistes et de politiciens assistent à chaque lâcher, malgré l’opposition catégorique des experts. Des affrontements entre politiciens, voire même entre chercheurs, ont eu lieu pour se disputer la primeur de chaque succès obtenu, ou pour se rejeter la faute des revers essuyés.

Cette pression a également entrainé un manque de transparence flagrant, par exemple lorsque dix des plus beaux mâles ont été emportés en 2007 par la leucémie féline, ou comme c’est le cas aujourd’hui avec l’IRC, qui a été annoncée lors d’une conférence de presse précipitée après des mois de silence.

L’IRC est un coup dur pour la réintroduction du lynx. Pourtant, elle permettra peut-être de remettre en question la pression politique et médiatique à laquelle sont confrontés ceux qui depuis près de cinquante ans s’efforcent de sauver l’espèce la plus emblématique de la péninsule ibérique.

elmundo.es

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