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Green et vert

un CO2 passant du statut d’ennemi public n° 1 à celui de fertilisant miracle

/ Europe

La lutte contre le changement climatique ne passe plus uniquement par la réduction des émissions de dioxyde de carbone, mais par la recherche d’applications susceptibles de les mettre à profit. L’injection de CO2 dans les serres ou dans des cultures de microalgues comptent parmi les nouvelles pistes étudiées.

CO2

Rentabiliser et valoriser

À l’arsenal de mesures déployées pour se débarrasser du CO2 grâce à un changement de modèle énergétique ou à l’enfouissement de ce puissant gaz à effet de serre, viennent s’ajouter de nouveaux projets visant à lui trouver une utilité tout en diminuant sa concentration dans notre atmosphère.

Célèbre pour sa “mer de plastique”, la province d’Almería compte 26.500 hectares de cultures sous serre, qui font d’elle la candidate idéale pour une utilisation du CO2 comme fertilisant. Les agriculteurs de la région, depuis longtemps familiers des technologies de pointe, voient d’un bon œil l’arrivée de ce nouveau procédé.

Endesa, l’entreprise d’électricité nationale espagnole, bénéficie du soutien financier du gouvernement pour étudier comment récupérer et utiliser le CO2 produit par l’une de ses centrales thermiques située à 100 km de là.

Des végétaux contre le CO2

L’idée de base repose sur la photosynthèse : pour grandir, les végétaux capturent du dioxyde de carbone et libèrent de l’oxygène, le principe inverse de la respiration animale. L’élévation de la concentration en CO2 permet donc une augmentation de la croissance des plantes.

Or très souvent dans les serres, le CO2 vient à manquer. Mais pas question d’ouvrir les fenêtres : la chaleur accumulée dans la serre doit être conservée. C’est pourquoi les plus modernes d’entre elles disposent de citernes qui permettent d’injecter du dioxyde de carbone lorsque c’est nécessaire. Tous les paramètres sont contrôlés par ordinateur : température, humidité, taux de CO2, etc.

À la station expérimentale Las Palmerillas, spécialisée dans le développement de technologies pour serres, l’un des projets va plus loin et exploite les résidus végétaux, générés par centaines de milliers de tonnes dans la province, afin de les convertir en biomasse, c’est-à-dire en combustible. Une fois séchés et transformés en granulés, ils sont brûlés dans une chaudière qui chauffe la serre durant la nuit et récupère le CO2 produit dans un réservoir. Au cours de la journée suivante, celui-ci est alors injecté dans la serre. Ce procédé s’avère trois fois plus rentable que le chauffage au fuel ou au propane, et génère en plus des gains de productivité importants. L’apport de chaleur couplé à celui de CO2 se traduit en effet par une augmentation de la production pouvant atteindre 40%.

L’autre projet phare de valorisation du CO2 a lieu à la centrale thermique de Carboneras. C’est l’une des plus grandes centrales à charbon du pays, et elle émet d’énormes quantités de CO2. On y peaufine un projet expérimental qui consiste à récupérer une partie du dioxyde de carbone produit pour fertiliser des cultures de microalgues. L’eau de mer qui sert à refroidir la centrale est acheminée dans des tubes transparents où se développent les algues. Celles-ci absorbent le CO2 et la lumière solaire afin de se multiplier, jusqu’à atteindre la concentration voulue. Elles sont alors récupérées et lyophilisées.

Du CO2 dans le biodiésel ?

Les applications sont très nombreuses et dépendent du type d’algue utilisé. Une des variétés développées par les chercheurs de Las Palmerillas contient de grandes quantités de lutéine, un antioxydant très utilisé dans le secteur médical. D’autres espèces d’algues produisent une huile à partir de laquelle on peut fabriquer du biodiesel, et Endesa envisage d’ailleurs de construire une bio-raffinerie à côté de sa centrale thermique au charbon.

Peu importe si l’obtention de rendements permettant des applications industrielles demandera encore quelques années ; il convient désormais de valoriser le dioxyde de carbone, plutôt que de simplement chercher à s’en débarrasser.

elpais.com

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