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les tribus indigènes s'opposent à une usine hydroélectrique

/ Amérique du sud

Le petit village de Paquiçamba, composé de 83 indiens Juruna, et situé en bordure du fleuve Xingu, est devenu le symbole de la controverse engendrée par le projet de centrale hydroélectrique au sein même des communautés indigènes de la région.

Les Indiens cherchent à faire barrage au projet

A l’origine de la dispute qui a conduit à la séparation physique des deux camps de la tribu, le changement d’opinion de son chef, Manuel, 70 ans, désormais favorable au projet.  De l’autre côté, Ozimar, 41 ans, croit que le chef, qui ne sait ni parler ni écrire le portugais, s’est laissé influencer par les belles promesses des entrepreneurs. Entre les deux, le gendre de Manuel prône l’apaisement : ” il n’est ni pour, ni contre ” tempère-t-il.

Le barrage, qui coûtera 8 milliards d’euros, va diminuer le flux du fleuve et compromettre l’accès à la ville d’Altimara, à 40 kilomètres, où le village vend ses poissons et ses châtaignes. Ozimar et les 15 familles rangées à ses côtés pensent que cela compliquera la vie du village, qui n’est déjà pas facile. Malgré les tensions, la vie semble s’écouler tranquillement à Paquiçamba, où les hommes travaillent en forêt pendant que les femmes lavent le linge dans le fleuve où jouent leurs enfants.

De l’autre côté du fleuve, la tribu Arara préfère resserrer les liens en s’appuyant sur ses traditions, plutôt que de se déchirer. Le sage Leoncio, 72 ans, qui connaît le fleuve Xingu par cœur, pense que le barrage va mettre tout son village en péril. Et espère que son petit-fils, chef de la tribu, pourra faire entendre sa voix.

Bataille médiatique

Mais ces voix indigènes risquent de peser bien peu face aux entrepreneurs et aux politiques impliqués dans le projet. Pour eux, l’usine (qui produira 11 233 mégawatts) est le seul moyen de développer la région. Waldir, chef d’entreprise, assure que les investisseurs vont affluer dès que l’appel d’offres aura été attribué, mais concède que les renforts médiatiques des opposants, tels que le cinéaste James Cameron, l’inquiètent assez.

Raimundo, lui, est pécheur dans la région depuis 37 ans, et souhaite être fixé rapidement car son village se situe dans une zone qui sera inondée par la construction. Entre le relogement et l’indemnisation qui lui sont proposés, il préfère prendre l’argent pour s’acheter une ferme en bord de fleuve. Il  est favorable au projet mais lassé des controverses.

Bref, les avis sont très partagés, parfois fatalistes, comme Izete, qui a débarqué pleine d’illusions il y a 20 ans:

Ça ne sert à rien d’être pour ou contre, ils le feront de toute façon.

L’attribution de l’appel d’offres devrait enfin sceller le destin de ces familles, après 30 années de déchirements et de controverses.

economia.estadao.com.br

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