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Alliance avec l’Italie pour un commerce plus équitable

/ Amérique du sud

Alce Nero, figure emblématique des produits bio en Italie, cherche à s’associer à deux groupes costaricains afin d’exporter des produits bio issus du commerce équitable vers les États-Unis. Après l’Europe, l’Amérique du Nord va-t-elle devenir le nouvel Eldorado du commerce équitable ?

production de canne à sucre au Costa Rica
Des voyages en Europe sont organisés pour comprendre les exigences des marchés occidentaux. © Cathy Yeulet

C’est en tout cas le pari du groupe Alce Nero & Mielizia, qui réunit des agriculteurs et des apiculteurs bio italiens. Ce dernier a décidé de s’allier aux Coopératives Sans Frontières (CSF), organisation basée au Costa Rica regroupant des producteurs d’Amérique Centrale et du Sud, et à Oro Verde, distributeur costaricain spécialisé dans les produits issus de l’agriculture biologique.

Actuellement, ces 3 entités coopèrent déjà : Alce Nero exporte des produits typiques italiens (pâtes, sauces, etc.) au Costa Rica et achète des matières premières (café, cacao, fruits et sucre) à des producteurs costaricains afin de les transformer en Italie.

L’idée consiste à présent à produire totalement sur place, afin d’exporter directement vers les États-Unis. En effet, des produits envoyés en Europe qui reviennent transformés en Amérique n’intéressent ni les consommateurs, ni les distributeurs pour des raisons économiques évidentes. De plus, à l’instar de nombreux pays d’Amérique Latine, le Costa Rica a signé un traité de libre échange avec les États-Unis, le TLC, qui rend avantageuses les exportations vers l’Amérique du Nord.

Coopcañera, le plus petit moulin à sucre du pays, devrait ainsi envoyer 60 tonnes de sucre biologique vers les États-Unis cette année, par le biais d’un partenariat avec Alce Nero. Cette coopérative exportait déjà une partie de sa production par le biais des réseaux du commerce équitable. Et ce grâce aux CSF, dont le but est d’offrir des débouchés aux petits producteurs travaillant selon les principes de l’agriculture biologique et du commerce équitable.

Comme le signale Hugo Valdés, coordinateur des CSF, l’exportation sur le marché italien de matières premières costaricaines a été très bénéfique pour les petits producteurs de la région. Il déplore toutefois le manque d’organisation et de réactivité des coopératives, qui a empêché selon lui l’implantation de plusieurs projets intéressants au Costa Rica.

Les CSF s’efforcent de former les producteurs. Des voyages en Europe sont ainsi organisés afin de les confronter aux exigences des marchés occidentaux, notamment en termes de règles d’hygiène ou de packaging. Cependant, les coopératives peinent à mettre en œuvre des solutions au niveau local. Par exemple, les certificats d’agriculture biologique se révèlent trop onéreux pour les producteurs les plus petits. Oro Verde, distributeur au Costa Rica des produits Alce Nero, facilite ainsi ce processus en permettant aux producteurs locaux de se regrouper.

Un dernier problème peut être soulevé, les produits biologiques, difficiles à produire en grande quantité, ne peuvent satisfaire une demande trop élevée. Espérons cependant que les petits producteurs du Costa Rica sauront saisir les opportunités qui s’offrent à eux, et profiter de l’essor que semble connaître le commerce équitable.

Semanario Universidad

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