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Quand le folklore se met au vert

/ Amérique du sud

La fiesta del Gran Poder est la fête traditionnelle la plus importante de La Paz. Elle réunit chaque année plus de 50 000 danseurs et musiciens. Comparable au grand carnaval, elle voit défiler les différentes corporations et communautés de la ville dans des costumes symbolisant leurs origines et leur métier. Cette année, les organisateurs réclament que le Gran Poder soit déclarée fête écologique, afin de récompenser les efforts entrepris pour que les tenues ne comportent plus d’éléments prélevés sur les animaux de la jungle.

La fiesta del Gran Poder fait attention à la biodiversité
Fiesta del Gran Poder de La Paz. © Thomas Pozzo di Borgo

Dès 1923, les habitants de la capitale bolivienne ont commencé à célébrer le señor del gran poder (le seigneur du grand pouvoir), derrière lequel se cache en fait une représentation de Jésus datant de 1663. Comme c’est souvent le cas dans les Andes, cette cérémonie populaire a rapidement intégré de nombreuses croyances et coutumes autochtones et offre aujourd’hui un spectacle haut en couleurs.

Comme le veut la tradition, l’intégralité des costumes est renouvelée chaque année. Si cet important travail de confection s’avère très bénéfique pour de nombreux tailleurs, brodeurs et cordonniers, il n’en va pas de même pour la faune tropicale, qui jusqu’à il y a peu, faisait les frais de cette manifestation : peaux et plumes multicolores étaient systématiquement prélevés dans les forêts, menaçant la biodiversité.

Mais depuis 2008 et la signature d’un accord visant à mettre un terme à ces pratiques, les danseurs ont pris conscience des enjeux écologiques qu’implique leur fête, et ils demandent cette année que lui soit attribué le titre de Fête Écologique de La Paz. L’utilisation de matériaux provenant de la faune sylvestre est désormais interdite, et les artisans doivent rechercher des substituts synthétiques, ou faire appel à des éleveurs certifiés afin qu’ils leur fournissent les éléments nécessaires à la confection des costumes.

Le ministère de l’Environnement et de l’Eau juge toutefois le terme écologique trop général et donc inapproprié pour désigner les célébrations du Gran Poder. David Cop, consultant en conservation pour le ministère, estime que pour mériter ce qualificatif, les organisateurs devraient également pouvoir garantir que les manifestations ne génèrent ni déchets ni pollution.

Le spécialiste propose par conséquent de déclarer simplement la fête exempte de faune sylvestre. Néanmoins, il attendra pour cela les premiers défilés, afin de pouvoir estimer dans quelle mesure l’accord aura été respecté. Il rappelle qu’en 2009, quelques costumes comportaient encore des éléments provenant de la faune sylvestre, et il espère que cette année, toutes les tenues et tous les chars de la fête en seront totalement exempts.

Il y a à peine 10 ans, l’utilisation de plumes d’autruches ou de condors pour les costumes et de carapaces de tatous pour fabriquer des crécelles était encore courante. Aujourd’hui, grâce aux engagements pris par les brodeurs et par le gouvernement, qui s’engage à leur faciliter l’accès à des matériaux alternatifs, le Gran Poder peut s’enorgueillir de respecter la biodiversité des forêts boliviennes.

la-razon.com

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