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extraire l’or sans mercure ?

/ Amérique du sud

Une nouvelle technologie mise au point par des ingénieurs péruviens permet de récupérer le précieux métal grâce à un procédé n’utilisant ni cyanure ni mercure. Elle est destinée aux mineurs indépendants et aux petites entreprises d’extraction. L’appareil permettra peut-être d’en finir avec la contamination des sols et les intoxications humaines et animales que provoque cette activité particulièrement polluante.

les chercheurs d'or au pérou n'auront bientôt plus besoin de mercure
Le mercure reste le procédé le plus économique et le plus simple pour extraire l’or.

En effet, pour chacune des 20 tonnes d’or extraites dans les mines du pays de manière artisanale, ce sont 2 tonnes de mercure qui finissent dans le sol. Au Pérou, cette industrie et les problèmes qu’elle soulève ne datent pas d’hier. De récentes études suggèrent même que l’empoisonnement au mercure lié à l’extraction de l’or aurait été un facteur déterminant dans la chute de l’empire Inca. Ces derniers avaient d’ailleurs fini par interdire son utilisation.

Malformations, lésions du système nerveux, des reins ou du cerveau, le mercure peut même entraîner la mort. Chez les animaux, ses conséquences sont tout aussi désastreuses : il modifie le comportement et la reproduction.

Malheureusement, le mercure reste à l’heure actuelle le procédé le plus économique et le plus simple à mettre en œuvre pour les petits mineurs, qui continuent à l’utiliser massivement.

Grâce à une subvention octroyée il y a 3 ans par le Conseil National de Sciences, de Technologie et d’Innovation du Pérou, Carlos Villachica a pu mettre au point un appareil révolutionnaire baptisé Oro ECO-100. L’ingénieur explique comment son invention, grâce à un petit moteur thermique, crée des millions de bulles minuscules qui séparent l’or du sable noir pour le faire flotter. Le procédé est si efficace qu’il permet de récupérer jusqu’à 20 % de minerai en plus par rapport aux méthodes traditionnelles utilisant du mercure. Autre point positif, l’appareil utilise très peu d’eau, celle-ci étant réinjectée à 90 % entre les cycles de production.

Déjà testé à Madre de Dios, principal site d’extraction du pays, l’Oro ECO-100 a su convaincre une entreprise de la zone, qui vient de commander 40 appareils. Ils seront remis aux mineurs de la région au cours des 3 prochains mois. Parallèlement, un atelier de maintenance et de formation sera également mis en place à Madre de Dios.

L’invention de Carlos Villachica est destinée uniquement à l’industrie minière à petite échelle et ne pourra donc résoudre tous les problèmes environnementaux que soulève le secteur au niveau national. Elle pourrait néanmoins permettre de mettre un terme à l’utilisation du mercure au sein des populations de petits mineurs, qui représentent tout de même entre 40 000 et 100 000 personnes au Pérou, selon les chiffres officiels.

Si l’or obtenu grâce à son procédé est déjà qualifié d’écologique et suscite l’intérêt de grands noms de la joaillerie, son inventeur, qui n’ignore rien de la réalité sordide de l’industrie extractive aurifère, considère qu’il reste un long chemin à parcourir. Carlos Villachica estime en effet qu’on ne pourra parler d’or vert que lorsque l’extraction de ce métal ne sera plus synonyme de déforestation, de prostitution, d’alcoolisme ou de travail infantile, comme c’est toujours le cas aujourd’hui.

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