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le réchauffement climatique n’existe pas pour les Aborigènes

/ Océanie

Les Aborigènes en savent long sur notre environnement mais beaucoup considèrent le réchauffement climatique comme un simple changement, un de plus, comme ceux auxquels ils ont su s’adapter au fil des siècles.

Carte du détroit de torres en australie.
© Christophe Cagé

Murrundindi, un aborigène des Wurundjeri, avec son 4×4 impeccable et la nature qui l’entoure qu’il considère comme son supermarché, prend le meilleur des deux univers dans lequel il vit. Mais il ne semble pas s’être aperçu que son supermarché est en danger. Pour lui, le réchauffement climatique n’a pas de sens, le monde vit à son rythme, comme le pensaient ses ancêtres.

Selon un rapport de la Fondation pour la justice environnementale paru en 2009, 600 millions de personnes sont directement menacées par le réchauffement climatique, et les Aborigènes, population désavantagée, en font partie. La communauté du Détroit de Torres est déjà dévastée par la montée du niveau de l’océan. Dans le reste du pays, les sols s’abiment, la qualité de l’eau baisse et les prévisions ne sont pas à l’amélioration.

Les îles du détroit seront les prochaines sur la liste à disparaître, d’ici 20 à 30 ans, après Kiribati et les Tuvalu, dont les populations ont déjà commencé à fuir. Pour le moment, rien n’est prévu pour le relogement des habitants du détroit, ils ne sont même pas mentionnés dans le programme gouvernemental concernant le réchauffement climatique jusqu’à 2050. Pour y remédier, le Congrès national des premiers peuples d’Australie, regroupant les Aborigènes, se réunit en novembre pour la première fois afin de proposer une liste de recommandations au gouvernement.

La terre et la santé

Les îles de Torres sont protégées en tant que terres natives, et à ce titre, si le gouvernement ne parvient pas à contourner les dangers du réchauffement climatique, il pourrait être accusé de contribution à la dégradation ou disparition de terres protégées, et de négligence grave envers les populations de ces terres.

Outre la montée des eaux, on prévoit aussi une augmentation de la température moyenne en Australie d’1.5 degré, ce qui causera immanquablement une augmentation des maladies transmises par les moustiques, ainsi que des problèmes respiratoires et de malnutrition. Le lien entre la santé des populations et la santé de la terre accroît le problème. Comme les anthropologues l’expriment simplement,

notre corps est notre propre terre et notre terre est notre corps.

Et la gestion du territoire australien entre les pouvoirs fédéraux et les pouvoirs des états n’aide ni au bien-être de la terre ni à celui du corps, il est dérisoire de soigner une jambe quand le cœur ne bat plus. Les changements climatiques, qui affectent la terre et les ressources naturelles, finissent par affecter le corps et la santé des indigènes.

Les politiques en cours

20% de la terre appartient aux Aborigènes, et une surface de cette taille ne peut être négligée, en particulier dans le plan de gestion des gaz à effets de serre, premier centre d’intérêt en Australie. Les autorités doivent absolument consulter les indigènes, et aussi profiter de leurs connaissances, d’autant plus que les populations vieillissent et que l’on risque de perdre tout leur savoir s’ils ne sont pas écoutés maintenant.

Les Aborigènes ont maintenu et développé leur environnement, avec des actions bien réelles, depuis toujours, et le gouvernement ne peut pas se permettre de perdre ce savoir. Il a permis jusqu’à maintenant de préserver toutes ces merveilles qui font de l’Australie ce pays fascinant. La difficulté majeure est cependant de communiquer avec les 500 et quelques groupes aborigènes au sujet du réchauffement climatique, dans plus de 295 dialectes. Dans plusieurs de ces dialectes, la notion de climat n’existe même pas. Pour bon nombre d’Aborigènes, le réchauffement climatique est une pensée de blancs, rien de plus.

L’effort doit pourtant être fait, même si un changement d’approche de la part du gouvernement est nécessaire. Propriétaires terriens et managers territoriaux doivent se rencontrer et s’aider mutuellement à comprendre que le lien entre leurs deux communautés est bel et bien le changement climatique. Sheena Watt, une jeune Aborigène, a défendu cette opinion au sommet de Copenhague, et comprend aisément la difficulté que les Aborigènes ont à comprendre cette notion : les gaz à effets de serre ne sont pas palpables, ni même visibles, comment y croire ? Pour Murrundindi, seul le visible est plausible et compréhensible. Cette année, les champignons sont apparus bien plus tôt dans le bush, on peut donc s’attendre à des pluies abondantes !

ABC.net.au

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