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on peint les montagnes en blanc pour sauver les glaciers

/ Amérique du sud

Pour tenter de sauver leurs glaciers, les Péruviens sont prêts à tout, même à mettre en œuvre les idées les plus saugrenues. Si ce projet suscite déjà la polémique, il a néanmoins retenu l’attention de la banque mondiale, qui financera un programme pilote à hauteur de 200 000 dollars.

Photo du lac Sibinacocha (5000m d'altitutde) au Pérou dans le massif de l'Ausangate.
Lac Sibinacocha au Pérou dans le massif de l’Ausangate. © Gvillemin, Wikimédia

À Licapa, un petit village situé dans la vallée voisine de celle du glacier de Chalón Sombrero, quelques hommes de la communauté préparent un mélange tout simple à base d’eau, de chaux et de blanc d’œuf utilisé depuis des siècles au Pérou. Pourtant, cette fois-ci, il ne servira pas à peindre des bâtiments, mais à recouvrir les sommets andins d’un manteau blanc artificiel, destiné à refroidir la vallée. Malgré la démesure du chantier, les travaux avancent à un bon rythme : deux hectares ont pu être recouverts de peinture en deux semaines. Au total, il est prévu de blanchir une zone de 70 hectares, comprenant trois sommets.

En réfléchissant les rayons solaires vers l’espace, la peinture blanche devrait permettre de refroidir la surface des montagnes et de générer un climat plus froid autour du sommet. C’est du moins ce qu’espère Eduardo Gold, le fondateur du projet, qui a réussi à convaincre la banque mondiale de financer cette initiative.

Le Pérou abrite 70 % des glaciers tropicaux, et selon une étude de la banque mondiale, 22 % auraient disparu au cours des 30 dernières années. Si rien n’est fait pour tenter d’atténuer les effets du changement climatique, les glaciers restants pourraient disparaître complètement d’ici 20 ans.

L’enjeu est de taille, et pas uniquement pour les communautés andines. En effet, les glaciers alimentent en eau les populations de la côte péruvienne et leur fournissent de l’électricité grâce aux barrages hydroélectriques.

Selon Antonio Brack, le ministre de l’Environnement du Pérou, son pays nécessite environ 400 millions de dollars par an pour faire face aux effets du réchauffement planétaire. Il compte parmi les détracteurs du projet et estime qu’il existe des initiatives beaucoup plus intéressantes qui mériteraient un tel investissement.

Malgré tout, Eduardo Gold reste optimiste, et si sa technique réussit à faire baisser la température du sommet Chalón Sombrero, il compte bien l’appliquer aux glaciers les plus menacés du Pérou. L’avenir dira s’il ne s’agissait que d’un gigantesque trompe-l’œil ou d’une idée lumineuse !

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