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L’Argentine saura-t-elle profiter de ses réserves de lithium ?

Argentine / / Amérique du sud

L’avènement de la voiture électrique repose essentiellement sur la fabrication de batteries performantes. Le gouvernement bolivien l’a bien compris et s’apprête à procéder lui-même à l’exploitation de ses ressources de lithium, afin de ne pas laisser cette manne financière aux seules mains de l’industrie minière internationale. L’Argentine possède également une partie importante des réserves mondiales et devra envisager des réformes de sa législation minière, afin de tirer profit, elle aussi, de ce matériau du futur, pilier des nouvelles technologies.

Les merveilleux déserts de sel de l’Amérique australe ne sont pas uniquement des joyaux touristiques. Ils renferment aussi plus de la moitié des réserves de lithium de la planète, un minerai pour lequel la demande mondiale ne cesse d’augmenter et dont le prix est passé en quelques années de 1 700 à 6 000 $ US la tonne. Le Salar d’Uyuni en Bolivie, le désert d’Atacama au Chili et les salars de Rincón, Olaroz et Hombre Muerto en Argentine abritent environ 85% des réserves mondiales de carbonate de lithium sous forme de saumure et ont valu à cette région d’être surnommée le ‘triangle du lithium’. À eux seuls, le Chili et l’Argentine exportent près de 55% du minerai nécessaire à l’industrie des pays développés et approvisionnent la quasi-totalité du marché des États-Unis.

Bien que le lithium fasse partie des ressources non renouvelables, il représente une alternative à l’utilisation des hydrocarbures, grâce à ses propriétés chimiques exceptionnelles. C’est le seul métal permettant la fabrication de batteries suffisamment légères et performantes pour pouvoir équiper des véhicules hybrides ou électriques. À l’heure actuelle, il entre déjà dans la composition des batteries de la plupart des appareils électroniques portables.

Puisque ce précieux élément pourrait bien un jour remplacer le pétrole, le magazine Forbes estime que les déserts sud-américains deviendront peut-être l’Arabie Saoudite du lithium.

On comprend donc pourquoi le gouvernement d’Evo Morales tient à tout prix à contrôler le processus d’industrialisation de ce minerai, afin que la Bolivie ne soit pas une fois encore le théâtre d’un saccage minier. Du côté du Chili, un groupe de sénateurs vient de déposer un projet de loi visant à déclarer le lithium ‘ressource stratégique’, réservant ainsi à l’État le bénéfice de sa production.

Difficile d’en faire autant en Argentine, où depuis la réforme constitutionnelle de 1994, les richesses souterraines appartiennent désormais aux provinces, qui négocient directement avec les multinationales candidates à leur exploitation. Par ailleurs, la législation interdit à l’État ou à tout autre organisme public d’administrer directement les ressources minières, et oblige même ce dernier à confier l’exploitation de toute nouvelle ressource à une entité privée moins d’un an après sa découverte. Le lithium représente néanmoins un enjeu économique majeur pour l’Argentine, qui profitera peut-être de cette occasion pour se réapproprier les immenses richesses minières qui dorment sous son sous-sol.

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