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les ravages écologiques de la production de cocaïne

/ Amérique du sud

Malgré les campagnes sensibilisant aux problèmes de déforestation entraînés par la culture de la coca, la cocaïne semble gagner du terrain à travers le monde, et plus particulièrement en Europe. Si une diminution de sa production paraît donc peu probable à court terme, peut-être est-il temps d’offrir un cadre législatif qui permette de cultiver la coca sans mettre en danger les forêts tropicales.

Laboratoire de cocaine dans la forêt amazonienne au Brésil en 2008
Laboratoire de cocaine dans la forêt amazonienne © Valter Campanato/ABr

Ce n’est pas par plaisir que les paysans les plus pauvres de la cordillère des Andes décident de se tourner vers la culture de la coca. Tant que celle-ci sera plus rentable que les cultures conventionnelles, ils n’auront d’autre choix que de se consacrer à cette activité illégale, dont ils ne connaissent pourtant que trop bien les risques qu’elle entraîne, pour eux comme pour leur environnement.

Si l’on en croit le dernier rapport de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (l’OEDT), la consommation de cocaïne au sein de l’Union Européenne, loin de diminuer, a même augmenté au cours de la dernière décennie. Ce stupéfiant occupe toujours la deuxième place des drogues illégales les plus consommées en Europe, juste derrière le cannabis.

À travers une campagne menée auprès des consommateurs européens, le gouvernement colombien a tenté de casser l’image chic ou glamour associée à la cocaïne, de la même manière que le Cow-boy Marlboro avait cédé sa place à des images de poumons nécrosés par le cancer. Baptisée Shared Responsability (responsabilité partagée), cette initiative consiste à montrer au public européen des images des forêts colombiennes ravagées par la monoculture de la coca. Mais son principal slogan : Pour chaque gramme de cocaïne consommée, 4 mètres carrés de forêt tropicale disparaissent ne semble pas avoir eu beaucoup d’effet sur la demande, qui ne cesse d’augmenter.

Pourtant, l’absence totale de régulation de la culture et de la production de cet alcaloïde provoque des dégâts environnementaux considérables, que les pouvoirs publics ne peuvent ignorer plus longtemps. Aux problèmes de défrichage de la jungle, vient s’ajouter celui de l’utilisation massive de produits chimiques. Au niveau des champs, tout d’abord, sur lesquels sont épandus des tonnes d’insecticides et d’herbicides, qui terminent dans les cours d’eau et les nappes phréatiques. Mais aussi dans les laboratoires clandestins, où sont utilisées d’importantes quantités de solvants extrêmement polluants au cours des différentes étapes de préparation de la drogue, qui sont ensuite déversées dans la nature sans aucun contrôle.

Les États-Unis jouent un rôle majeur en matière de ‘guerre contre la drogue’, en imposant leurs concepts en la matière au reste du monde, et notamment à l’Amérique du Sud.

Si les gouvernements des pays andins producteurs de coca ne disposent pas de l’autonomie suffisante afin de prendre les mesures qui s’imposent, ce sont les gouvernements des pays consommateurs et les Nation Unies qui doivent rendre possible un changement de la législation concernant la culture de la coca. On pourrait alors parler de véritable ‘partage des responsabilités’.

Semana.com

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