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l’extraction des nutriments dans les sols n’est plus compensée

/ Amérique du sud

L’augmentation des rendements, rendue possible par les techniques agricoles modernes et par la sélection génétique des semis, s’accompagne d’une accélération de l’extraction des éléments nutritifs dans les terres cultivables. Les apports d’engrais sont insuffisants, et la fertilité des sols semble aujourd’hui compromise à long terme.

champs de blé en Argentine
© JOSE TEJO

Les terres de la Pampa sont renommées pour leur incroyable fertilité, qui a valu à l’Argentine son titre de ‘grenier du monde’ au cours du 20ème siècle. Aujourd’hui, ces ressources sont mises à mal par les nouveaux modes de production agricole.

Ces dernières années, on a assisté à une expansion des zones cultivées, au détriment de zones traditionnellement réservées à l’élevage. Des cultures traditionnelles telles que le maïs ont cédé la place à des céréales économiquement plus rentables comme le soja, qui permet d’effectuer deux récoltes annuelles lorsque sa culture est combinée à celle du blé. Entre 1988 et 2006, les surfaces cultivées ont ainsi doublées, tandis que la production a triplée.

Ces bouleversements ont entrainé une extraction massive d’éléments nutritifs, qui n’a pas été accompagnée d’une fertilisation équivalente. On assiste donc à une dégradation et à un appauvrissement des sols, qui rendent impossible la gestion durable des systèmes productifs.

La Chambre de l’industrie argentine des fertilisants et des produits agrochimiques, la CIAFA, indique qu’en 2007-2008, près de 3,7 millions de tonnes d’engrais ont été appliqués. Un record dû à un rapport avantageux entre le prix des céréales et celui des fertilisants. En 2008, les conditions économiques étaient moins favorables et l’utilisation de fertilisants a chuté de 31%.

Ces données confirment les déséquilibres importants constatés au niveau des sols. En 2006, 3,5 millions de tonnes d’azote (N), de phosphore (P), de potassium (K) et de soufre (S) ont été extraits, alors que les apports n’ont représenté que 1,2 millions de tonnes, soit 34,2% des quantités consommées. Les zones les plus touchées sont les provinces de Santa Fe et de Córdoba, au nord-ouest de Buenos Aires.

Pour ne pas assister bientôt à une baisse importante des rendements, les agriculteurs argentins devront procéder à une fertilisation équilibrée des sols de la Pampa. Pour cela, il est nécessaire d’évaluer la demande nutritionnelle des cultures et de procéder à une analyse des sols, afin de calculer les apports d’engrais à effectuer.

Pour être efficace, la fertilisation doit s’accompagner d’autres ‘bonnes pratiques’ agricoles, telles que la rotation des cultures, le semis direct ou encore l’intégration de cultures de couverture. La richesse de l’Argentine dépend directement de la richesse de ses terres : il appartient à ceux qui les travaillent de les préserver!

La Voz del Pueblo

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