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L'agriculture au service des biocarburants, une nouvelle forme de colonisation ?

/ Afrique

Une biologiste africaine critique sévèrement l’option prise par les gouvernements africains de céder de grandes superficies de terre arables en faveur de multinationales étrangères, dans le but de produire des bio-combustibles. Elle incite les citoyens de Guinée-Bissau à ne pas se plier à ce choix.

© Eric Isselée

Assétou Samaké, spécialiste en biologie génétique et activiste chez Copagen (Coalition pour la Défense du Patrimoine Génétique Africain) qualifie d”erreur et tromperie’ l’idée selon laquelle la lutte contre la pauvreté en Afrique passerait par la cession des terres aux multinationales des biocarburants.

Récemment, nous avons même vu la Banque mondiale inciter les pays africains à accepter ce choix. Nous les invitons à refuser. Nous pouvons lutter contre la pauvreté sans vendre nos terres, assure-t-elle.

Selon elle, cette soi-disant ‘Révolution Verte’ ne pourra jamais être couronnée de succès dans le sens où elle suppose l’utilisation d’OGM, une mécanisation à outrance, une consommation d’énergie absurde qui, au final, conduiront l’agriculture africaine à sa propre perte. Et Assétou ne manque pas de nous rappeler que 80% de la population africaine vit de l’agriculture. Pire, cette idée est alimentée par des pays traditionnellement alliés de l’Afrique comme l’Inde, la Chine et le Brésil.

Les contrats signés avec les multinationales leur donnent le droit d’utiliser les terres pendant 99 ans renouvelables, ce qui signifie hypothéquer le futur de 3 générations d’Africains.

Pourquoi nous, les Africains, irions accepter d’alliéner nos terres qui nous ont coûtées tant de sacrifices pour l’indépendance ? Dans le cas de la Guinée-Bissau, il y a eu des luttes armées pour se libérer de la colonisation. Quiconque accepte que ses responsables politiques vendent la terre aux multinationales est complice de cette situation. C’est une nouvelle colonisation qui est en marche en Afrique et, parfois, avec notre propre consentement.

Le représentant de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature en Guinée-Bissau (UICN), Nelson Dias, soutient les idées de Assetou Samaké. Il avait également dénoncé la concession de 500 hectares de terres de son pays à une multinationale afin d’y cultiver la polémique Jatrofa.

La Guinée-Bissau possède une superficie 36.125 km2 ; concéder 500 hectares signifierait aliéner 5 000 km de terre, prévient Nelson Dias.

Noticias Lusofonas

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