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L’UICN tire la sonnette d’alarme sur la sauvegarde des animaux d’eau douce

/ Afrique

Selon une étude publiée le jeudi 3 septembre par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), 21% des espèces d’eau douce d’Afrique continentale seraient menacées d’extinction ; ce qui mettrait en péril les ressources alimentaires de millions de personnes.

Poisson de la famille des chambos

Cette étude menée durant cinq ans par 200 scientifiques est la plus complète à ce jour. En effet, 5 167 espèces, dont tous les poissons d’eau douce, mollusques, crabes, libellules et demoiselles connus, ainsi que quelques familles de plantes aquatiques ont été évalués. Par ailleurs, c’est la première fois que des espèces ont été cartographiées et rattachées à leurs bassins hydrographiques respectifs.

L’analyse atteste que les principales menaces qui pèsent sur ces espèces sont l’agriculture, l’extraction d’eau, les barrages et les espèces exotiques envahissantes. Dans le lac Malawi, le karongae Oreochromis de la famille du  ‘chambo’ a vu sa population diminuer de 70% depuis dix ans en raison de sa surexploitation. Dans le lac Victoria, c’est près de 45% des 191 espèces de poissons recensées qui sont menacées ou considérées comme éteintes.

Ces chiffres sont particulièrement alarmants car les poissons constituent la principale source de protéines et de revenus pour les habitants de la région africaine des grands lacs. Il est estimé qu’en Afrique sub-saharienne, 7,5 millions de personnes vivent essentiellement de la pêche en eau douce.

Fort heureusement, l’étude met en lumière des aires prioritaires pour la survie d’espèces menacées ou ayant une aire de répartition restreinte. Le lac du cratère Barombi Mbo au Cameroun abrite par exemple 11 espèces de poissons très menacées. Mais en l’absence de politiques de gestion des écosystèmes, de nombreuses espèces sont amenées à disparaître.

Outre les poissons, d’autres espèces comme les mollusques, les crabes ou les plantes aquatiques, permettent de maintenir les fonctions des zones humides. Dans les chutes du cours inférieur du Congo, la pollution galopante menace 11 espèces de mollusques vivant sur une étendue de 100 kilomètres. Or, ces mollusques filtrent l’eau et assurent d’autres fonctions importantes.

En tirant ainsi la sonnette d’alarme, l’UICN rappelle que les eaux intérieures doivent être gérées non seulement pour leur approvisionnement en eau douce ; mais aussi pour préserver la richesse biologique qu’elles abritent. Le rapport souhaite aussi sensibiliser les décideurs en charge de la gestion durable des ressources en eau douce sur le continent africain.

iucn.org

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