Source inépuisable sur le développement durable

Green et vert

'Mamy' Sumaúma, célébrité de l'Amazonie

/ Amérique du sud

Sumaúma est le plus grand arbre de la région amazonienne. Des légendes courent à son sujet aux quatre coins du Brésil. Affectueusement surnommée la ‘vovó’ (mamy en portugais) en raison de son âge estimé entre 900 et 1 000 ans, Sumaúma est le plus vieil arbre de l’Amazonie. Chaque jour, des touristes venus du monde entier, s’aventurent dans la forêt afin d’approcher ce phénomène de la nature.

Sumauma. © Clarice Futuro Mühlbauer

Sumaúma vit dans la région de Maguari, à l’intérieur de la Forêt Nationale des Tapajós, qui fut la première unité de conservation écologique créée sur 600 000 hectares par le Général Médici, en pleine dictature militaire. Sa vocation pionnière fut de concilier conservation environnementale et présence d’activités économiques pour les communautés traditionnelles de la région.

L’arbre de la communauté de Maguari est un bel exemple de protection du patrimoine écologique (contre les invasions de l’agro-industrie, notamment celle du soja) doublée d’une participation active à des projets humanitaires et gouvernementaux. C’est ainsi que la communauté est devenue une sorte de modèle pour la région, recevant notamment la visite du Prince Charles en 2009, qui tomba sous son charme et offrit aux villages des panneaux solaires. L’ONG Saúde e Alegria (Santé et Bonheur) a, elle, équipé le village d’ordinateurs reliés à Internet, permettant aux habitants d’être connectés aux nouvelles du monde et de produire leur propre bulletin d’information à travers un blog (http://maguari.redemocoronga.org.br).

La communauté est également engagée dans un projet de fabrication de cuir écologique, produit à partir de l’extraction de latex naturel. Ils fabriquent des chaussures, sacs, et autres accessoires distribués à travers des organisations de commerce équitable.

Les touristes se rendant au pied de l’arbre millénaire suivent une véritable visite guidée au son du vocabulaire de la biodiversité locale : Copaíba, Jatobá, Quina-Quina, cipó Apuí, palha Curuá, Breu Branco… Après 4 heures de marche, il est temps de respirer et de rester quelques minutes en silence pour observer avec calme les détails de la Mamy. Il est impressionnant de constater la quantité de vie animale et végétale qui s’abrite en elle. Autour, comme par magie, des centaines de papillons bleus volent dans les rayons de soleil filtrant de sa cime, à 30 mètres du sol.

La Sumaúma n’est pas le plus grand arbre du monde en hauteur; elle est même loin derrière les séquoias géants d’Amérique du Nord. Mais en largeur elle peut certainement prétendre au titre suprême. Pour embrasser entièrement la Mamy, il faut faire un cercle composé d’une vingtaine de personnes, voire 30 à 40 pour les espèces les plus grandes.
Ce tronc aussi prodigieux que la muraille de Chine est composé de bras qui s’allongent à l’horizontale, au creux desquels les sons se répercutent, formant un écho qui retentit sur de longues distances.

Les guides racontent également que la Sumaúma est la maison du Curupira, protecteur des forêts, qui parcourt les sous-bois et hante les chasseurs. Ce serait une des légendes les plus anciennes du Brésil, racontée en 1560 par le Père Anchieta, dans ses récits à la Cour du Portugal :

Ici il y a quelques démons, que les Indiens appellent Curupira, qui les attaquent souvent dans la forêt.

Les légendes et histoires qui créent une espèce de mythologie ethno-botanique de la Sumaúma, aiguisent encore plus l’imagination et augmentent l’admiration portée à ce géant d’Amazonie. Mais la Mamy des Tapajós a gagné sa propre histoire bien réelle, comme un symbole de la forêt menacée. Celle d’un arbre millénaire qui fournit du travail et des ressources à qui sait vivre au sein de la nature sans la détruire.

oecoamazonia.com

Réagissez à cet article !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Derniers commentaires