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La prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, un risque pour la démocratie?

/ Europe

Le pouvoir allemand a décidé de prolonger la durée de vie de ses 17 centrales nucléaires de 12 ans en moyenne. Cet accord de la coalition ne passe pas auprès de l’opinion publique. Aux voix des partis de l’opposition s’est ajoutée celle de Transparency International, qui parle d’un risque pour la démocratie. Mais de quel risque s’agit-il donc ?

Centrale nucléaire de Philippsburg, Allemagne. © Michael Kauffmann

La CDU (parti conservateur) et le FDP (parti libéral) se sont enfin accordés. La décision prise en 2000 par la coalition SDP-verts de sortir progressivement du nucléaire avant 2022 est amendée. Les réacteurs les plus anciens fonctionneront 8 ans de plus, les plus récents 14 ans. En moyenne, la durée de vie des centrales allemandes sera prolongée de 12 ans.

Afin d’épargner un peu l’opinion publique dans un pays où près de 60% de la population soutient la décision de 2000, la coalition au pouvoir a fait des concessions. Les exploitants des 17 centrales allemandes devront ainsi payer pour avoir le privilège de continuer à exploiter leurs ‘vaches à lait’. Une taxe sur le nucléaire devrait rapporter 2,3 milliards d’euros par an à la fédération, permettant de réduire les déficits. D’autre part, 200 à 300 millions supplémentaires annuels devront être versés à un fond de promotion des énergies renouvelables (ENR).

Mais l’opposition crie au scandale. Car ces deux mesures risquent de ne pas rapporter autant que prévu. D’abord, le prix du démantèlement pour chaque centrale a été limité à 500 millions d’euros. Si les coûts s’avèrent être plus élevés, la différence sera déduite de la contribution à apporter au fonds pour les ENR. Ensuite, la taxe sur l’atome ne durera que 6 ans. Dernier point, la législation a été rédigée afin de ne pas devoir passer par le Bundesrat, qui représente les régions allemandes. L’opposition qui contrôle cette chambre, avait déjà annoncé qu’elle ne laisserait pas passer une modification de la décision de 2000.

Transparency International (TI) voit dans les concessions faites aux 4 sociétés exploitant les centrales (Eon, RWE, EnBW et Vattenfall) un signe de lobbying, voire de corruption.

Comment une telle mesure, prise en concertation et sous l’influence des 4 dirigeants des exploitants peut-elle être acceptée par la population ?

…, Edda Mueller, présidente de la section Allemagne de TI, est très claire.

Les ONG ne font que rejoindre les partis d’opposition qui ont déjà appelé à une manifestation monstre le 18 septembre à Berlin. Les organisateurs attendent ‘plusieurs dizaines de milliers de personnes’. Ce sera certainement l’occasion de revoir les slogans bien pensés déjà aperçus devant le Bundestag (parlement allemand) le jour de la décision de la coalition.

Avec le nucléaire, la seule chose qui est sûre, c’est le risque.

Et on pourra à nouveau entendre les responsables du SPD et des verts clamer que dès qu’ils seront au pouvoir, ils décideront une ‘sortie de la sortie de la sortie du nucléaire’. En terme de langage, rien ne fait peur aux descendants de Nietzsche et Schopenhauer !

stern.de

Pour en savoir plus :

Les détails sur l’accord de la coalition

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Derniers commentaires

  1. GVadmin

    Après les événements survenus au Japon le 11 mars 2011, l’Allemagne ne prolongera pas ses vieilles centrales.
    La chancelière Angela Merkel annoncera dans le courant de la journée la suspension de la mesure prise pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires allemandes, selon Reuters citant des sources proches de la coalition au pouvoir à Berlin.