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Le café aux mille vertus

/ Amérique du sud

À Putina Punco, dans la province andine de Sandia, le café représente bien plus qu’un simple commerce. Grâce aux efforts d’une coopérative visionnaire, il a permis l’émancipation des femmes de toute une région, la reforestation de zones dégradées, l’essor du commerce équitable et de l’agriculture biologique, sans oublier bien sûr la production d’un grain de café exceptionnel, qui figure désormais parmi les meilleurs au monde.

© Vitali Dyatchenko

Tous les samedis, pour venir vendre leur production sur le marché de Putina Punco, les femmes des vallées du Puno chargent sur leur dos plus de 20 kilos de café et arpentent à pied les chemins de la cordillère des Andes pendant plusieurs heures. Une mule vient parfois rendre le trajet un peu moins pénible, mais c’est avant tout leur volonté qui permet à ces paysannes d’aller de l’avant.

Elles viennent seules ou accompagnées de leur mari et de leurs enfants, et repartiront chargées de vivres une fois leur récolte vendue. Tous appartiennent aux communautés quechua ou aymara et cultive le café selon les préceptes de l’agriculture biologique. Le compost, la pulpe de café et le guano de cuy, un rongeur andin, sont les seuls engrais utilisés. La plupart des caféiculteurs de la région ont planté des arbres au-dessus de leurs cultures afin de reboiser les terrains dégradés et d’offrir de l’ombre à leurs caféiers. Ici, l’altitude avoisine les 1 500 mètres, et le café met du temps à mûrir. Les récoltes ne sont pas toujours abondantes, mais la qualité est au rendez-vous : en avril, le café Tunki, produit à Putina Punco, a été déclaré l’un des neuf meilleurs au monde par l’Association américaine des cafés spéciaux, la SCAA.

Après avoir été dégusté à Londres par les baristas (les ‘sommeliers’ du café) les plus exigeants d’Europe, le café Tunki a atteint le prix record de 1 000 dollars le quintal (46 kg).

Mais généralement, les petits producteurs ne touchent guère plus de 100 dollars par quintal et leurs parcelles leur permettent de produire au maximum entre 40 et 80 quintaux par an.

Afin de pouvoir décrocher les certifications internationales de commerce équitable et d’agriculture biologique, les caféiculteurs de la région se sont regroupés au sein d’une coopérative, qui est rapidement devenue la deuxième centrale d’exportation de café du pays : les États-Unis et l’Europe lui achètent 97% de sa production.

La coopérative a également décidé de promouvoir l’égalité des sexes. Aujourd’hui, 30% de ses 5 000 membres sont des femmes. María Ramos, 56 ans, cultive du café biologique depuis plus de trois décennies et a commencé à travailler dur dès l’âge de sept ans, dans la plantation de son père. Son café a déjà été primé deux fois au niveau régional et en décembre, elle a fait partie des vainqueurs du concours international de l’ONG Rainforest Alliance, qui mettait en lice des cafés issus de plantations gérées durablement provenant du Brésil, de l’Ouganda, d’Indonésie et du Kenya.

Plus haut dans la vallée, les caféiers cèdent leur place aux plants de coca. La caféicultrice explique que la culture de la coca requiert moins de travail et permet de gagner plus d’argent, mais qu’elle reste fidèle au café. Tous les matins, elle se lève à 4 heures pour préparer les repas qu’elle emmènera avec elle à la plantation. Pour se donner du cœur à l’ouvrage, elle mastique des feuilles de coca, avant de commencer à désherber, récolter, dépulper et laver le café.

Mère de quatre enfants, María Ramos est fière du chemin qu’elle a parcouru, et espère que grâce à la coopérative, d’autres femmes pourront, comme elle, obtenir leur indépendance économique.

ipsnoticias.net

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