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Nnimmo Bassey lauréat du Right Livelihood Award 2010

/ Afrique

Le Révérend Nnimmo Bassey, Président des Amis de la Terre au Nigéria, recevra un Right Livelihood Award à Stockholm le 6 décembre pour avoir ‘révélé l’ensemble des horreurs écologiques et humaines de la production de pétrole’.

Il a accueilli la nouvelle avec un calme olympien, même s’il ne cache pas sa détermination à se battre pour une cause qu’il considère juste.  Être Lauréat du Prix Nobel Alternatif, le Right Livelihood Award 2010, est une récompense qui se savoure. Et Nnimmo Bassey est de ceux-là. Engagé dans le mouvement international écologiste présent dans 72 pays, il a été nominé pour avoir dénoncé le désastre écologique et humanitaire causé par les compagnies pétrolières au Nigéria.

David contre Goliath

Longtemps ignorée, la catastrophe écologique du delta du Niger a été dévoilée au grand jour le 20 juin 2005, lorsque des communautés de la région, soutenues par Environmental Rights Action (l’ONG locale des Amis de la Terre) déposent plainte à l’encontre du consortium composé du Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), Shell, Chevron, Exxon, Total-Fina-Elf et Agip.

C’est le début d’un bras de fer entre les géants pétroliers et les paysans nigérians. Mais faute de moyens, de nombreux Nigérians suspendent les poursuites judiciaires. L’absence de pression encourage les compagnies pétrolières à poursuivre le torchage des gaz, pratique qui accélère l’infertilité des sols et la pollution des eaux.

Contrairement au Golfe du Mexique où des efforts ont été déployés pour nettoyer le déversement, rien n’a été fait au Nigeria. Les sociétés pétrolières évoquent tout juste du bout des lèvres la mise en place d’opérations de nettoyage, déclare Nnimmo Bassey.

Pollution environnementale majeure

Le Prix intervient alors que Les Amis de la Terre et quatre paysans Nigérians ont porté plainte contre le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell aux Pays-Bas pour sa pollution massive au Nigéria.

Et les chiffres qui soutiennent ses propos sont alarmants : d’après le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) plus de 6 800 déversements ont été enregistrés entre 1976 et 2001.

En cinquante ans, le volume de pétrole déversé dans le delta du Niger représenterait entre deux à trois fois la récente catastrophe du Golfe du Mexique,

selon Mike Cowing, responsable d’une étude réalisée par le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) à la demande du gouvernement nigérian. Le gouvernement nigérian a quant à lui recensé 32 000 incidents entre 2006 et 2010, nous informe Nnimmo Bassey.

Signataire de la plupart des conventions internationales, le Nigéria devrait être à l’abri d’un tel cataclysme écologique. L’article 24 de la Charte africaine des Droits de l’homme stipule clairement que

tous les Africains doivent avoir un droit à un environnement sûr et satisfaisant pour se développer, rappelle Nnimmo Bassey.

Malgré tout, les compagnies pétrolières continuent leurs activités.

Selon le Prix Nobel alternatif, la réponse est économique et politique :

Le gouvernement nigérian et les compagnies pétrolières étant des partenaires d’affaire, les normes environnementales sont très ‘laxistes’. D’autant plus que le gouvernement détient une grande partie des parts du secteur pétrolier.

Le combat est long et difficile, ajoute-t-il.

Un vent d’espoir souffle cependant sur le pays.

Le renforcement des réseaux communautaires facilite le recours aux tribunaux nationaux et internationaux

Quant à la récompense – de plusieurs dizaines de milliers de dollars – du Right Livelihood Award ? Nnimmo Bassey compte bien la mettre au service de cette ‘résistance pacifique’.

Enfin, parallèlement à la bataille judiciaire, Nnimmo Bassey garde foi en l’avenir :

il faut expliquer aux Nigérians que le pays peut durablement se développer sans les compagnies pétrolières. Car si les entreprises et le gouvernement se sont enrichis, le peuple, lui, s’est appauvri.

La proportion de la population vivant dans la pauvreté est notamment passée de 28% en 1980 à 66% en 2000 au Nigeria d’après la Banque Mondiale.

Une première audience, d’une longue série qui devrait durer, est attendue pour les prochains mois.

 

 

 

Pour plus d’informations :

rightlivelihood.org

eraction.org

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