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Le sommet international des chiffonniers!

/ Amérique du sud

Cartons, bouteilles, plastique… ce sont les pauvres qui effectuent la majeure partie du recyclage dans les pays en voie de développement, assurant un service écologique et économique de première importance au sein de la société. La troisième rencontre internationale des cartoneros a eu lieu à Santiago et a réuni des experts du Pérou, du Brésil, d’Argentine et du Chili.

© Karen Keczmerski

Ils sont la partie émergée de l’iceberg de la pauvreté en Amérique Latine. Les cartoneros, ces travailleurs infatigables, quittent chaque jour leurs bidonvilles pour arpenter le centre des métropoles et fouiller les poubelles à la recherche de matériaux recyclables qu’ils vendront au poids à des entreprises spécialisées. Par leur présence, ils viennent rappeler aux habitants des beaux quartiers que plus de la moitié de la population sud-américaine survit dans des conditions misérables, malgré les taux de croissance dont s’enorgueillissent ces nations.

Loin de diminuer, leur activité connaît au contraire un essor important lié à l’augmentation mondiale du prix des matières premières et à la volonté des gouvernements d’améliorer leurs performances en matière de recyclage… à moindre coût. Au Chili, le travail des cartoneros permettrait ainsi aux municipalités d’économiser plus de 12 millions de pesos de ramassage des ordures. On considère qu’ils assurent à eux seuls entre 60 à 90% du recyclage au niveau national. Le rôle fondamental de ces travailleurs de l’ombre explique peut-être la présence parmi les participants de María Ignacia Benítez, la ministre de l’Environnement chilienne. L’édition 2010, baptisée Pour un recyclage qui permette l’intégration, s’intéresse à l’impact social, économique et environnemental du travail des ‘recycleurs’.

Le mouvement des cartoneros compte dans ses rangs quelques célébrités, telle Alvina Ruiz, fondatrice de l’ONG Ciudad Sustentable (‘Ville durable’). Son travail social lui a valu une reconnaissance internationale et l’a amenée à participer à plusieurs occasions au Forum économique mondial de Davos. Autre figure du mouvement : Severino Lima Junior, dirigeant brésilien qui avec l’aide du président Lula, a réussi à faire approuver une loi officialisant le travail des ‘recycleurs’ informels de son pays.

Si cette pratique permet parfois l’intégration des plus démunis lorsqu’elle est bien encadrée et offre un bénéfice certain en matière environnementale, elle n’en reste pas moins une manifestation flagrante des problèmes de partage des richesses dont souffre toujours l’Amérique du Sud.

lacuarta.cl

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Derniers commentaires

  1. Antoine

    Quelle bonne surprise ! Le dossier “Biocarburants” est enfin sorti.
    Documents très intéressants