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Comment produire de la viande pour 9 milliards d’habitants?

/ Amérique du sud

Le 18ème Congrès mondial de la viande, qui s’est tenu cette année à Buenos Aires, aura été l’occasion de débattre des défis que devra affronter la filière au cours des années à venir. Alors que la production est appelée à doubler d’ici 2050, l’Argentine se trouve confrontée à une diminution de son cheptel due à une restriction des exportations.

© Steve Weber

De la viande pour un monde durable. Telle fut la devise de l’édition 2010 du Mondial de la viande, qui a réuni plus de 1 000 experts du monde entier dans la capitale argentine. L’événement est organisé de manière bisannuelle par l’Office international de la viande (OIV) créé en 1974. Son nouveau président, l’Argentin Arturo Llavallol, a rappelé que l’humanité comptera 3 milliards de personnes supplémentaires d’ici 2050, qu’il faudra nourrir en multipliant par deux la production de viande. Selon lui, seul le développement durable de la filière permettra d’y parvenir. Le président de l’OIV estime qu’il faut impérativement diminuer l’impact environnemental de la production de viande, afin de limiter les conséquences du changement climatique pour le secteur. Arturo Llavallol se montre tout de même optimiste et prévoit une croissance de 3% de la production de viande au niveau mondial pour 2020.

Des spécialistes du Brésil ont profité de cette rencontre pour annoncer le lancement de programmes visant à réduire la consommation de carbone et les émissions de gaz à effet de serre, grâce à l’expansion des terres consacrées à l’agriculture biologique et à la restauration des prairies dégradées.

Les pays du Mercosur, la communauté économique des pays de l’Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) exportent à eux seuls près de 40% de la viande bovine produite dans le monde. Ils font également partie des rares nations qui peuvent encore développer cette activité, en raison de conditions géographiques et climatiques favorables.

Seule l’Argentine, pourtant mondialement réputée pour l’excellence de sa viande, voit diminuer les surfaces consacrées à l’élevage. Le nombre de têtes de bétail y est passé de 58 à 48 millions. Les producteurs se plaignent de la limitation des exportations, censée garantir la stabilité des prix sur le marché intérieur. Largement inefficace, cette mesure n’a pas réussi à juguler une envolée des prix qui s’est traduite par une baisse de la demande de viande rouge de plus de 15 % en un an au niveau national. Du jamais vu en Argentine, où la consommation de viande de b?uf est profondément enracinée dans la culture.

Dopés par la demande, les cours connaissent une hausse ininterrompue, expliquée en partie par le changement de régime alimentaire des pays émergents. Il y a 30 ans, chaque Chinois mangeait en moyenne 13 kilos de viande par an, contre près de 60 aujourd’hui.

Si la filière bovine semble donc avoir encore de beaux jours devant elle, la viande rouge risque en revanche de devenir rapidement une denrée inaccessible pour une partie importante de l’humanité.

Le prochain Congrès mondial de la viande aura lieu à Paris, en juin 2012.

lanacion.com.ar

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