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les boues rouges de Hongrie font réfléchir le pays

/ Asie

La catastrophe hongroise est un signal d’avertissement pour le Vietnam. Avec les troisièmes réserves mondiales de bauxite, minerai de l’aluminium, la production est vouée à augmenter. Mais Nguyen Dinh Hoe, environnementaliste expert du sujet, met en garde contre les risques encourus si une coulée de boues rouges similaires à celle qui s’est passée en Hongrie touchait son pays. Extraits de son interview.

La couleur rouge de l'eau est due à la présence de bauxite dans le sol.

Que pensez vous de la catastrophe des boues rouges hongroises ?

C’est un signal pour nous, puisque nous avons deux projets de mines de bauxite dans la région de Tây Nguyên (montagnes centrales). Alors que la Hongrie a une expérience centenaire dans l’extraction du bauxite, que des choses pareilles puissent leur arriver doit évidemment nous alerter. Les compagnies minières ont assuré que les boues rouges seraient enterrées avec soin, mais ça ne veut pas dire que ce sera sûr dans 20 ou 30 ans. Si une catastrophe similaire à ce qui s’est passé en Hongrie arrivait dans la région des montagnes centrales, les boues atteindraient la rivière Dong Nai, menaçant ainsi la santé de plusieurs dizaines de millions de personnes.

Les projets en cours vont générer des boues rouges ?

Les boues rouges sont un déchet de la production d’alumine. C’est le plus important problème de cette industrie. La couleur rouge est causée par la présence d’oxyde de fer, qui peut représenter jusqu’à 60% de la masse des boues rouges. Les boues rouges ne peuvent pas être recyclées, elles sont en général enterrées dans des lacs qui prennent de la place. Le problème réside dans le fait que même une fois séché, on ne peut ni construire ni cultiver sur ces lacs de boues rouges. D’autre part, il y toujours le risque de fuites qui peuvent polluer les alentours.

On estime que pour une tonne d’alumine, 1,5 tonnes de boues rouges seront produites. Les deux projets vietnamiens font état de respectivement 9 millions de mètres cubes pour l’un, et 80 à 90 millions de mètres cubes pour l’autre projet. Il va falloir des lacs de rétention énormes pour les stocker.

Qu’est-ce que le Vietnam peut faire pour éviter les catastrophes ?

Je pense comme beaucoup d’experts que les boues devraient être déplacées et stockées dans la province de Binh Thuan. Si une catastrophe se produisait, ce serait en effet beaucoup moins grave si les boues se déversaient dans la mer.

Les compagnies minières ont assuré que toutes les précautions nécessaires seraient prises. Qu’en pensez-vous ?

J’ai en effet vu leurs projets qui promettent plusieurs mesures de sécurité. Mais qu’en sera-t-il à long terme ? Si les boues sont enterrées de manière permanente dans la région des montagnes centrales, personne ne peut garantir ce qui se passera une fois que les exploitants auront quitté les lieux. Les lacs de rétention situés en altitude, dans une région sujette aux glissements de terrain, constitueront une épée de Damoclès menaçant constamment l’environnement des montagnes centrales et l’écosystème de la rivière Dong Nai.

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