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La lutte contre les hormones masculinisantes

/ Amérique du nord

Des chercheurs mexicains ont découvert des bactéries capables de dégrader les stéroïdes utilisés dans la pisciculture afin de changer le sexe des tilapias. L’élevage de ces poissons est pratiqué dans près de 100 pays à travers le monde et génère des rejets potentiellement dangereux pour la santé humaine.

 

Tilapia, Mexique

Les tilapias sont des poissons d’eau douce proches de la carpe, originaires d’Afrique, où ils sont l’espèce la plus utilisée pour la pisciculture. En administrant de la méthyltestostérone (MT) aux alevins, il est possible de changer le sexe des tilapias, afin d’obtenir une population constituée exclusivement de mâles, dont le développement est plus rapide que celui des femelles. Deux à trois fois par semaine, la MT est incorporée à leur alimentation. Cette méthode offre d’excellents résultats et permet en outre d’empêcher leur reproduction, afin d’éviter que de jeunes poissons ne viennent s’ajouter à la population d’adultes prêts à être commercialisés.

Seule ombre au tableau : la MT n’est pas dégradée au cours du processus et termine sa course dans les excréments des poissons. Les personnes travaillant dans les élevages sont amenées à nager dans les bassins afin de récolter les poissons, et de nombreux producteurs n’hésitent pas à se débarrasser des résidus de leurs fermes dans les lacs et les rivières. Les effets à long terme de ces hormones sur l’homme et sur la faune sont mal connus.

La MT est un androgène utilisé pour accélérer le développement pubertaire chez certains garçons et pour traiter le cancer du sein. La Food and Drug Administration (FDA) signale que l’utilisation prolongée d’androgènes à haute dose peut favoriser le cancer du foie et de la prostate. Chez les femmes, ces substances peuvent provoquer un changement du ton de la voix, de l’acné ou une perturbation du cycle menstruel.

Wilfrido Contreras Sánchez est biologiste à l’université Juárez Autónoma de Tabasco. Il explique que les recherches menées là-bas ont permis de sélectionner trois souches de bactéries communes friandes de méthyltestostérone, qui pourraient être placées dans les filtres des bassins de pisciculture. Les scientifiques devront désormais déterminer les quantités et les temps d’exposition nécessaires pour la dégradation totale de la MT. L’université pourra alors passer à la mise en culture des bactéries et commencer la production à grande échelle afin de les vendre sous forme de concentrés aux producteurs de tilapias.

En prime, les chercheurs mexicains ont fait une autre découverte : les poissons élevés dans les bassins contenant la bactérie P. aeruginosa ont connu une croissance plus rapide que les autres. Des résultats qui permettront peut-être de convaincre les éleveurs d’utiliser ce nouveau traitement.

fis.com

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