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Après l’empreinte carbone, l’empreinte hydrique

/ Amérique du sud

Un groupe d’entreprises chiliennes développe des outils capables de mesurer l’impact de leurs activités sur les ressources hydriques. Les données obtenues concerneront aussi bien la production de fruits que l’exploitation minière et permettront une gestion durable de l’eau à l’échelle d’une région, en considérant les bassins hydrologiques dans leur globalité.

© Nikolai Okhitin

Un nouveau label va-t-il voir le jour ? L’empreinte hydrique cherche à évaluer le volume d’eau douce nécessaire à la production de biens et de services. Cet indicateur permettra aux entreprises de mesurer les performances de leurs outils de production et les conséquences de leur consommation d’eau sur les ressources hydriques de leur lieu d’implantation.

Pour l’instant, les travaux les plus importants dans le domaine ont été accomplis par l’organisation à but non lucratif Water Footprint Network (Réseau Empreinte Hydrique), dont le siège se trouve aux Pays-Bas. Le site de la fondation nous apprend par exemple que 140 litres d’eau sont nécessaires pour produire une tasse de café, et qu’il faut 16 000 litres pour un kilo de viande de bœuf.

Cette méthode de calcul rappelle celle de l’empreinte carbone, qui permet de mesurer la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère lors de la production de marchandises ou de services. Mais l’analogie s’arrête là, car l’empreinte hydrique n’a que peu d’intérêt en dehors d’un contexte local. À la différence du dioxyde de carbone, qui vient augmenter les risques de réchauffement de la planète indépendamment de son lieu d’émission, l’eau douce est une ressource nécessitant une gestion au cas par cas, qui prenne en compte les conditions hydrologiques de chaque bassin.

C’est pourquoi le calcul de l’empreinte hydrique s’effectue en considérant trois empreintes différentes. La verte correspond à l’eau reçue sous forme de précipitations, la bleue aux eaux superficielles et souterraines prélevées, tandis que la grise mesure la pollution générée au cours du processus de production.

Parmi les partenaires chiliens du Water Footprint Network, on trouve l’entreprise vinicole Concha y Toro, ainsi que la Fondation Chili, qui regroupe la firme américaine ITT, l’État chilien et l’entreprise minière Minera Escondida, de capitaux anglo-australiens.

La Fondation Chili cherche actuellement à évaluer l’empreinte hydrique de produits et d’entreprises sur les bassins hydrologiques de la région semi-désertique d’Atacama, dans le nord du pays. Cette région abrite à la fois de nombreuses exploitations agricoles, principalement des vergers, et d’immenses mines, parmi les plus grandes au monde.

Pour la première fois, l’impact de l’industrie minière sur les ressources hydriques pourra être mesuré.

La fondation va tenter de dresser une carte complète de l’exploitation hydrique du bassin de Huasco. En évaluant l’impact réel de chaque activité sur le bassin hydrologique, l’étude permettra par exemple de déterminer quel type de culture est le plus adapté aux conditions particulières de la région, ou quelle période de l’année est la plus propice au fonctionnement d’une exploitation minière.

Il s’agit donc de développer de nouveaux outils qui permettront à la fois une amélioration de la productivité et qui aideront les pouvoirs publics à gérer durablement les ressources hydriques, éternelles sources de conflit entre les secteurs minier, agricole, sanitaire et hydroélectrique.

Le Chili espère bien faire figure de pionnier dans le domaine et offrir ainsi une valeur ajoutée aux produits destinés à l’exportation. Peut-être ceux-ci bénéficieront-ils un jour d’une certification garantissant une gestion durable des ressources hydriques employées lors de leur fabrication.

tierramerica.info

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