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Les jardins bio Made in Argentina

/ Amérique du nord

Rien, pas même le tremblement de terre, n’a pu ébranler la volonté de ces agronomes venus d’Argentine qui s’efforcent depuis cinq ans d’enseigner aux Haïtiens comment cultiver leurs fruits et légumes de manière autonome. Une coopération Sud-Sud réussie et tournée vers l’avenir, à contre-courant de l’assistanat.

© Ghenadii Boiko

Plus de 13 000 familles haïtiennes, représentant 90 000 personnes, ont déjà la chance de posséder un ti jaden òganik, un petit jardin de culture biologique en langue créole. Le Programme d’Autoproduction d’Aliments Frais Pro-Huerta emploie pour cela 23 agronomes, qui parcourent aussi bien les campagnes que les zones urbaines afin d’enseigner aux populations les plus modestes à produire elles-mêmes leur nourriture. Les personnes intéressées peuvent assister à huit cours d’une demi-journée, après quoi elles reçoivent des graines, des outils, ainsi qu’un manuel explicatif illustré. Celui-ci détaille différentes techniques de culture et explique par exemple comment utiliser des cartons, des boîtes ou de vieux pneus pour y commencer les semis.

Emmanuel Fenelon, directeur de Pro-Huerta en Haïti, raconte la fierté de certaines familles de Port-au-Prince qui, après le séisme, n’ont pas eu besoin d’aller faire la queue pour obtenir de quoi manger. En Haïti, le programme Pro-Huerta peut vraiment faire la différence. Environ 2,4 des 9 millions d’habitants se trouvent en situation d’insécurité alimentaire, et plus de la moitié des aliments sont importés.

Tout a commencé en 1990 en Argentine, où l’on compte aujourd’hui plus de 630 000 jardins répartis dans 3 500 localités urbaines et rurales. Depuis, le modèle s’est propagé au reste du continent : il fonctionne également au Brésil, en Colombie, au Guatemala et au Venezuela. Les jardins se sont multipliés dans les écoles, dans les cantines communautaires et même jusque dans les prisons.

Bien sûr, il n’est pas question d’utiliser des engrais ou des pesticides chimiques, d’abord pour des raisons économiques évidentes, et surtout afin de préserver la fertilité à long terme des sols, qui est assurée par une rotation des cultures. Les formateurs enseignent également comment fabriquer et utiliser le compost pour enrichir la terre.

Actuellement, leurs efforts portent sur la production individuelle de graines, une étape importante dans la recherche de la souveraineté alimentaire. Les responsables de Pro-Huerta s’insurgent contre les méthodes du semencier américain Monsanto, qui a offert pour 4 millions de dollars de graines de maïs hybride au lendemain du tremblement de terre. En effet, pour qu’elles offrent des rendements intéressants, celles-ci doivent être cultivées de manière intensive, et il est nécessaire de racheter des graines tout les ans.

Emmanuel Fenelon estime que son pays n’a pas besoin de ces graines et préfère miser sur des initiatives comme Pro-Huerta, qui permettent à la population de développer ses propres semences, tout en améliorant son alimentation et sa situation économique.

ipsnoticias.net

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