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La disparition des forêts sous-marines

/ Amérique du sud

Le kelp, cette algue géante qui pousse en bordure des côtes, offre un refuge à de nombreuses espèces sous-marines et permet la production d’aliments, d’engrais et de biocarburants. Diverses organisations écologistes militent pour la protection de ces milieux exceptionnels, mis en péril par la pêche au chalut, la pollution et la surexploitation commerciale.

Forêt de Kelp

Le kelp constitue certainement l’un des habitats les plus remarquables des mers froides. Derrière ce nom générique se cachent en fait plusieurs espèces d’algues brunes géantes, dont la plus grande, Macrosystis Pyrifera, qui peut mesurer jusqu’à 30 mètres. On la rencontre sur les côtes pacifiques de l’Alaska jusqu’à la Californie, ainsi que dans les mers australes du Chili, de Nouvelle-Zélande et d’Australie. D’autres espèces similaires sont présentes sur les côtes atlantiques et méditerranéennes (les laminaires), mais elles ne dépassent généralement pas 5 mètres de long.

Ces algues forment des écosystèmes extrêmement riches, comparables à de véritables forêts sous-marines. Elles offrent à la fois un abri, un lieu de reproduction et une source d’alimentation à de nombreuses espèces, telles que les loutres marines ou les hippocampes, et constituent également un rempart qui protège la côte en dissipant une partie de l’énergie des vagues.

La grande majorité de ces algues est protégée par des lois internationales, ce qui n’empêche pas plusieurs d’entre elles d’être menacées d’extinction. En cause, le réchauffement des eaux, la pollution du littoral, et surtout, la pêche intensive. La surexploitation d’espèces se nourrissant d’oursins conduit à l’explosion de leur population, or ces échinodermes sont très friands de jeunes pousses de kelp et compromettent leur reproduction.

L’utilisation commerciale et la mauvaise gestion des forêts de kelp sont également responsables de leur disparition progressive. L’espèce Macrosystis Pyrifera est notamment utilisée comme source d’agar, une substance destinée à l’industrie alimentaire et aux cosmétiques. En outre, cette algue géante est constituée de près de 50% de différents sucres, ce qui fait d’elle une candidate idéale à la production d’éthanol ou d’autres biocarburants.

Au Chili, on ne dispose d’aucunes données concernant la dégradation des forêts de kelp. Toutefois, les profonds bouleversements écologiques provoqués dans la région par la salmoniculture à grande échelle et par la pêche au chalut laissent peu de doutes quant aux menaces qui pèsent sur ces écosystèmes. Diverses organisations écologiques, dont Océana, réclament l’intégration des forêts de kelp aux Aires Marines Protégées (AMP) : des zones de préservation recensées par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) mais administrées par les états de manière souveraine. Cette mesure permettrait une gestion durable des forêts sous-marines et de la biodiversité qu’elles abritent, dont l’importance écologique est comparable à celle de leur équivalent terrestre.

elciudadano.cl

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