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L’exode dû à la désertification a commencé

/ Amérique du sud

Chaque année, jusqu’à 900 000 mexicains abandonnent leurs terres pour se diriger vers la ville ou vers les États-Unis. Les raisons qui les poussent à partir sont multiples, mais un rapport des Nations Unies estime qu’il existe un lien incontestable entre les flux migratoires et la multiplication des épisodes de sécheresse.

Une étude présentée récemment par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) indique clairement que la dégradation des terres est un facteur de migration important au sein des populations rurales du Mexique. La pauvreté engendrée par la baisse des rendements agricoles provoque le départ de centaines de milliers de familles, qui vont tenter leur chance dans la ville de Mexico ou essayer de franchir la frontière qui les sépare de leurs voisins américains, le plus souvent au péril de leur vie.

Les relations de cause à effet entre désertification et migration commencent à peine à être étudiées, mais les données empiriques disponibles confirment déjà cette tendance. Selon certaines agences de l’ONU, les changements climatiques obligeront entre 50 et 700 millions de personnes à quitter leur lieu d’origine d’ici 2050.

Afin de sensibiliser la population mondiale à cette problématique, l’ONU lance cette année la Décennie de lutte contre la désertification (2010-2020). La désertification désigne la dégradation des sols en zones sèches, souvent due à des pratiques agricoles inappropriées qui réduisent le couvert végétal, provoquant ainsi l’érosion et la perte de fertilité des sols. Les phénomènes climatiques extrêmes comme les sécheresses et les inondations viennent aggraver ce processus.

Au niveau mondial, on estime qu’entre 1981 et 2006, 24% des terres ont été dégradées, soit près de 1% par an. Or, environ un quart de la population de la planète dépend directement de ces sols pour survivre.

Mais les enjeux de la lutte contre la désertification ne sont pas uniquement économiques ou alimentaires. À l’heure actuelle, près de 46% du carbone mondial est stocké dans les terres des zones arides. La lutte contre le réchauffement climatique passe donc nécessairement par la préservation et la gestion durable de ces sols. C’est aussi le seul moyen d’offrir aux populations rurales la possibilité de continuer à vivre de la terre et d’endiguer ainsi un exode qui se traduit le plus souvent par un simple déplacement de la pauvreté vers les grandes métropoles.

yucatan.com.mx

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