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Le Rajasthan s’acoquine avec les multinationales des biotechnologies

/ Asie

Pour moderniser son agriculture, l’état du Rajasthan a choisi la coopération avec les géants du secteur des OGM. En première ligne, Monsanto, qui espère grâce à ces accords se tailler la part du lion dans les affaires agricoles indiennes.

© Alfio Roberto Silvestro

Les accords ont été signés entre 7 entreprises du secteur des biotechnologies agricoles et le département de l’agriculture ou les universités agricoles d’état. L’accord le plus global est celui signé avec Monsanto. Portant sur toute la palette des produits agricoles, il couvre les céréales alimentaires telles que maïs, millet ou bajra ainsi que le coton. Il va promouvoir l’expérimentation des semences de la société américaine et leur adaptation aux conditions de l’état. Notamment, il ouvre les portes des instituts de recherche indiens à la multinationale américaine tant décriée.

L’avantage pour les indiens est clair. Les instituts de recherche et les universités signataires vont mettre à disposition leurs infrastructures en échange de fonds et de technologies. Un officiel du département d’état de l’agriculture l’explique clairement :

A cause du manque de fonds, les universités de l’état sont fortement limitées dans leurs activités de R&D. Cela permet au privé de prendre la l’avance. L’idée des accords est juste de nous permettre d’utiliser leurs finances.

Mais à quel prix ?

Car Monsanto et consorts ne font pas de cadeaux. G V Ramanjaneyulu est le directeur du centre pour l’agriculture durable.

Les accords portent à 100% sur les programmes d’adaptation de semences hybrides de Monsanto. L’idée est d’augmenter les rendements grâce à ces OGM.

Car si les multinationales vont apporter des fonds aux universités du Rajasthan, c’est en échange de recherches concentrées sur leurs produits et la promesse de promouvoir ces produits. L’état va subventionner ces semences plus chères que leurs concurrents naturels. Le projet Golden Rays est un exemple de ce type de coopération. Dans ce schéma, l’état achète des semis de maïs et les revend à perte aux agriculteurs. 30 000 exploitants étaient concernés par le plan l’année dernière. Grâce aux accords, le nombre de bénéficiaires devrait considérablement augmenter.

Autre inquiétude des promoteurs de l’agriculture durable, la rapidité avec laquelle ces accords ont été signés. C’est seulement le 23 juin que le gouvernement local a écrit à une vingtaine de sociétés pour lancer le projet. Le fait que ces accords aient été signés en quelques mois inquiète et soulève des questions de tous ordres.

L’augmentation des rendements de l’agriculture dans les pays en développement est certes une nécessité pour faire face à l’explosion démographique. Outre les débats sur la problématique des OGM, la question la plus pressante pour l’Inde est celle de la pertinence de confier un secteur si essentiel de son économie à des entreprises privées étrangères.

downtoearth.org.in

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