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Un choix peu inspiré pour un sommet sur le climat

/ Amérique du nord

Surpopulation hôtelière, destruction des mangroves et débordement des décharges publiques, voici en vrac quelques-uns des problèmes récurrents auxquels est confrontée la célèbre station balnéaire mexicaine. Cancún offre un bien piètre exemple en matière de développement durable et d’adaptation aux changements climatiques.

Cancún, Mexique

Une chose est sûre : les participants à la 16ème Conférence des Parties (CdP) de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) sauront où se loger… Cancún, la ‘perle des Caraïbes’, offre la bagatelle de 36 000 chambres d’hôtel à ses visiteurs, selon les chiffres du Bureau des procureurs fédéraux de protection de l’environnement (Profepa). C’est 6 000 de plus que le nombre prévu par la loi.

Chaque année, la ville reçoit environ 6 millions de touristes, qui dépensent plus de 4 milliards de dollars. Tous viennent chercher les paysages de cartes postales vendus par les agences de voyages : eaux turquoise et sable blanc. Pour satisfaire leurs rêves, l’industrie hôtelière s’accapare peu à peu le bord de mer, faisant disparaître la mangrove.

La surface des forêts de palétuviers dépasse 11 000 hectares pour la seule commune de Cancún, mais elles rapetissent au rythme alarmant de 4,4% par an. Elles abritent pourtant une riche biodiversité et constituent des puits de carbone très efficaces.

Selon The Global Peatland CO2 Picture (la carte mondiale montrant l’absorption de CO2 dans les tourbières) publiée par Wetlands International, les zones humides mexicaines ont permis la capture de 1,48 millions de tonnes de dioxyde de carbone au cours de l’année 2008.

Les mangroves jouent également un rôle fondamental dans la protection de la côte contre les ouragans et l’érosion. Selon Juan Elvira, secrétaire à l’Environnement, l’érosion a augmenté en même temps que les activités humaines sur la côte et constitue aujourd’hui un problème majeur.

Après le passage des ouragans Wilma, en 2005, et Ida, en 2009, le volume de sable des plages est passé de 9 millions de mètres cubes à seulement 700 000. Les autorités touristiques avaient alors déboursé près de 80 millions de dollars pour reconstruire les plages des villes de Cancún, de Playa del Carmen et de Cozumel, en allant chercher du sable sur d’autres plages.

Le sable blanc des plages de Cancún provient exclusivement de la grande barrière de corail mésoaméricaine, gravement menacée par la pollution, la surpêche et le réchauffement des eaux. Soucieux de préserver cette richesse à la fois économique et écologique, le Secrétariat à l’Environnement et aux Ressources naturelles (Semarnat) s’apprête à imposer une nouvelle réglementation visant à promouvoir le développement durable de l’industrie hôtelière. La gestion des eaux usées, le type de matériaux employés, l’utilisation d’énergies alternatives et surtout l’interdiction de construire dans les zones de mangroves permettront peut-être de limiter l’impact environnemental du tourisme dans la région.

Mais en décembre prochain, seules de véritables avancées dans le domaine de la lutte contre le réchauffement de la planète pourront peut-être faire oublier la triste image que Cancún a offerte au monde jusqu’à présent : celle d’un paradis naturel sacrifié sur l’autel du tourisme de masse.

tierramerica.info

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