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Les ‘farmscrapers’ ou le mythe babylonien des jardins suspendus

/ Monde

Légende ou réalité, les jardins suspendus de Babylone sont sur le point de renaître. Remis au goût du jour en 1999 par Dickinson Despommier, professeur en santé environnementale et microbiologie à l’Université Columbia de New-York, l’idée consiste à utiliser au maximum les petits espaces en remplissant des serres de parterres de plantes empilés les uns sur les autres. En Amérique du Nord, les premières serres hydroponiques suspendues ont vu le jour. À New York, Gotham Greens convertit 1 115 mètres carrés de toits dans le quartier de Queens pour un budget de 1, 4 million de dollars. Sky Vegetables désire convertir les toits des supermarchés en exploitations agricoles ; tandis qu’au centre-ville de Toronto, le projet Sky Farm présenté par le designer Gordon Graff pourrait s’ériger sur 1,3 ha et atteindre 230 mètres sur 58 étages ; et produire autant qu’une ferme de 420 ha.

Ferme Verticale pour la partie IV. Il s'agit de la tour Cactus, une ferme de production intensive modulaire avec une emprise au sol réduite érigée au dessus du paysage urbain © Agence SOA

Encore un rêve américain qui s’exporte sur le vieux continent. Un partenariat réussi entre la société américaine Valcent et le parc de Paignton Zoo situé dans le Devon, a donné naissance à la première ferme verticale anglaise. Dan Caiger-Smith, le propriétaire de l’entreprise ne jure plus que par le système hydroponique, qui lui permet de produire un demi-million de salades par an ; tout en économisant de l’eau, en limitant les transports, les coûts énergétiques et en respectant les normes alimentaires. Loin d’être à la traîne, La France compte parmi les précurseurs de ce concept. Le projet de Tour Vivante menée en 2005 par l’agence Soa architectes en collaboration étroite avec Dickinson Despommier vise à associer production agricole, habitation et activités dans un système unique et vertical.

L’agriculture verticale est-elle l’une des solutions à l’insécurité alimentaire dans les villes ? Pour Augustin Rosenstiehl, associé de SOA :

Plus que de favoriser l’autonomie alimentaire, les architectes peuvent déjà favoriser la diversité alimentaire en ramenant la production maraichère des zones périurbaines aux centres des villes. Nous croyons qu’une architecture de l’agriculture est possible. Elle permettrait de repenser les modes de production jusqu’alors horizontaux et d’inventer de nouvelles manières de cultiver, adaptées à leur situation urbaine.

Pour faire avancer le débat, l’agence Soa écrit actuellement un ouvrage, dans lequel des points de vue d’experts issus de domaines différents (agronomie, architecture, sociologie, géographie, agriculture, philosophie) se confondent.

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