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les Indiens mis à l’écart?

/ Amérique du sud

Ils connaissent très bien la forêt, savent la préserver et sont les premiers à souffrir de la déforestation. Malgré cela, les Indiens craignent de ne pas être entendus sur une des questions centrales traitées lors de la Conférence sur le Climat à Cancún.

© Carlos Pereira

Le mécanisme REDD + (Réduction des Emissions causées par la Déforestation et la Dégradation des forêts) a été présenté comme un des rares ‘fruits mûrs’ susceptible d’aboutir à un accord durant les négociations entre les 190 pays réunis. Il consiste en une incitation, pour les pays abritant des forêts tropicales comme le Brésil, l’Indonésie ou le Congo, à empêcher la déforestation au travers d’un système de compensations financières. La question est loin d’être anodine puisque 20% des émissions de gaz à effet de serre proviennent de la déforestation.

Mais, d’un point de vue légal, seul 9% des forêts du monde sont la propriété des populations natives. Et ceci pourrait conduire à des décisions contraires à leurs intérêts : réimplantation de forêt sur des zones de monoculture, interdiction de la chasse en zones protégées voire, dans des cas extrêmes, l’expulsion de ces peuples de leurs terres ancestrales.

Les négociations sur le REDD+ ont commencé seulement cinq jours après l’ouverture du Sommet et peu de temps avant la fin de la Conférence. Un choix délibéré pour de nombreuses délégations afin d’éviter l’ouverture de la boîte de Pandore, puisque le sujet ne fut quasiment pas abordé à Copenhague il y a un an.

Essayer d’améliorer la question comporte plus de risques que de bénéfices, explique un négociateur européen.

Pendant ce temps, tous les matins, une assemblée de représentants des peuples indigènes d’Amérique Latine, Afrique et Asie, se réunit pour organiser le meilleur lobby possible. Ils militent conjointement avec les délégations de leurs pays mais aussi en lien avec l’Union Européenne pour que le REDD+ contienne une ‘clause de sauvegarde’ qui impose le ‘libre consentement, préliminaire et informé’ des communautés natives et la mise en place de mesures de lutte contre la déforestation.

Ils ne nous permettent pas de participer directement aux négociations, réservées aux délégations gouvernementales, et réalisent les discussions en fermant les portes

…, regrette Onel Masardule, chef de la communauté Kuna, du Panamá. Ce qui est contraire à la propre Déclaration de l’ONU de 1997 sur les Droits des peuples indigènes, qui implique la consultation et l’information sur toutes les initiatives qui les concernent, au lieu de simplement imposer des décisions.

Pour Jérôme Frignet, spécialiste des questions des forêts chez Greenpeace France, même si la clause de sauvegarde venait à être approuvée, il resterait à observer son application.

Ceci ne constituera jamais une quelconque garantie dans ce type de texte, affirme-t-il.

noticias.ambientebrasil.com.br

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