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Des attrape-brouillard transforment la brume en eau

/ Amérique du sud

Face aux problèmes chroniques d’approvisionnement en eau que connaît la capitale péruvienne, une association écologiste propose d’utiliser des attrape-brouillard. Ces dispositifs ont déjà fait leurs preuves au Chili et en Afrique en permettant de récupérer d’importantes quantités d’eau pour un coût dérisoire.

Attrape-brouillard mis en place à Lima, Pérou, 2009 © Réseau oecuménique de l'eau

Lima, métropole de huit millions d’habitants, se dresse au beau milieu du désert. Près d’un cinquième de sa population n’a pas accès à l’eau potable et aucune amélioration n’est à prévoir de ce côté-là, bien au contraire. Alors que la ville accueille quelque 200 000 nouveaux arrivants chaque année, fuyant la misère des campagnes pour la plupart d’entre eux, le débit des rares cours d’eau provenant de la fonte des glaciers andins diminue inexorablement à mesure que ceux-ci rapetissent. Le réseau des eaux usées perd 38% des liquides transportés en cours de route, et le peu d’intérêt des habitants de la capitale pour la préservation de l’environnement a conduit à transformer en véritable décharges publiques les quelques cours d’eau qui la traversent.

Dans de nombreux quartiers, ce sont donc des camions-citernes qui assurent l’approvisionnement. Parfois, l’eau distribuée n’est même pas potable, faute de traitement. Pourtant, malgré l’aridité apparente de la région, l’eau est présente en abondance, sous forme d’une brume épaisse provenant du Pacifique qui enveloppe Lima plus de la moitié de l’année.

C’est dans ce contexte qu’est né le Mouvement des Péruviens sans eau, dont le nom n’est pas sans rappeler celui des Sans terre du Brésil. Abel Cruz, président de l’association, explique que l’objectif du mouvement est de remettre sur rail un projet lancé il y a quatre ans par une O.N.G. allemande.

Celle-ci avait procédé à l’installation de pièges à brume sur les flancs des collines de la capitale, mais le manque de soins apportés au matériel par la population locale avait rapidement fait capoter le projet. Pour ne pas répéter les mêmes erreurs, Abel Cruz sait qu’il devra cette fois s’assurer au préalable de l’engagement et de la collaboration des communautés impliquées.

Les attrape-brouillard présentent de nombreux avantages. Peu coûteux, ils peuvent fonctionner pendant 15 ans et permettent une production immédiate d’eau potable, leur installation ne nécessitant que quelques jours.

Le principe de fonctionnement est extrêmement simple : des filets en polyéthylène qu’il est possible d’acquérir dans n’importe quelle quincaillerie sont tendus verticalement et récupèrent l’eau contenue dans le brouillard lorsque celui-ci est poussé par le vent. Une gouttière se charge alors d’acheminer le précieux liquide jusqu’à un réservoir enterré au pied des filets.

Selon Abel Cruz, une dizaine d’attrape-brouillard de 1 m² chacun permettent de produire entre 50 et 150 litres d’eau par jour, une quantité suffisante pour couvrir les besoins journaliers de plusieurs familles.

L’ensemble des éléments nécessaires (filet, poteaux en bois, gouttière, entonnoir ainsi qu’un petit purificateur qui garantit la potabilité de l’eau) ne coûte que 178 dollars. Le Mouvement des Péruviens sans eau tente de convaincre le gouvernement de leur accorder une exonération d’impôts ainsi que l’autorisation de percevoir des dons, afin de pouvoir inciter des entreprises à financer leur initiative. Quatre quartiers de la capitale, regroupant près de 5 000 familles, pourraient bénéficier prochainement de cette source d’eau insolite.

efeverde.com

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