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Planter sous serre… pour lutter contre l’effet de serre!

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Des études de l’Université d’Almería suggèrent que la célèbre ‘mer de plastique’ entraîne une diminution locale des températures. Ces résultats sont suivis de près par les États-Unis, qui pourraient proposer de peindre les immeubles et les routes avec des couleurs claires lors du prochain G20.

Plants de basilique cultivés en serre © Massimiliano Leban

Il y a trois ans, le satellite de la Nasa Terra a permis à Pablo Campra Madrid, de l’École Polythechnique Supérieure, de démontrer que les serres qui s’étendent à perte de vue dans la région d’Almería aident à lutter contre le réchauffement global.

Ceci pour une raison toute simple : leur albédo est supérieur à l’albédo moyen de la terre. En d’autres termes, les serres sont de couleur plus claire et renvoient une partie plus importante du rayonnement solaire vers l’espace, évitant ainsi le réchauffement de la surface terrestre. C’est le même phénomène qui est observé près des pôles, où les calottes glaciaires forment de véritables miroirs grâce à leur couleur blanche.

Cette découverte a suscité l’intérêt du Département à l’Énergie américain, qui a chargé la prestigieuse université californienne de Berkeley de contacter le professeur Campra à Madrid pour travailler sur un programme de ‘blanchiment’ des immeubles et des routes. Depuis le mois de novembre, celui-ci collabore avec les scientifiques du Berkeley National Laboratory afin de mettre au point de nouvelles stratégies permettant d’atténuer les effets du réchauffement mondial.

Le chercheur espagnol affirme que les Américains s’intéressent à Almería car il s’agit de l’unique démonstration empirique de l’efficacité de l’effet albédo. L’expérience d’Almería montre que cette stratégie peut être appliquée avec succès afin de faire baisser la température à l’échelle locale.

Le gouvernement de Barack Obama tente désormais de développer des modèles permettant de décrire le mécanisme de refroidissement constaté au-dessus des serres espagnoles. Ces simulations permettraient de prévoir ce qui se passerait dans d’autres régions du monde si les toits des immeubles étaient peints en blanc et les routes de couleur ciment (le blanc aveuglerait les conducteurs).

Les États-Unis envisagent de proposer ce blanchiment urbain lors du prochain G-20, en montrant quelles seraient les conséquences de cette initiative si elle était adoptée par 100 grandes villes à travers le monde. Steven Chu, le ministre à l’Énergie américain, prix Nobel de physique en 1997 et ancien directeur du Berkeley National Laboratory, a déjà défendu cette mesure au cours d’un récent congrès scientifique qui s’est tenu à Londres.

Dans un article du Times paru en mai dernier, Steven Chu allait jusqu’à affirmer que le blanchiment urbain permettrait d’éviter autant d’émissions de CO2 que l’arrêt total de la circulation automobile mondiale pendant 11 ans.

Pablo Campra Madrid signale qu’au cours de l’été, la température urbaine est supérieure de 3 à 5°C à celle constatée dans les campagnes. Le chercheur estime que le refroidissement obtenu grâce au blanchiment des villes permettrait d’éviter les milliers de décès liés aux coups de chaleur et atténuerait les pics de pollution atmosphérique urbaine liés aux canicules. L’utilisation de la climatisation et les émissions de CO2 s’en trouveraient également diminuées.

Le professeur espagnol continuera de collaborer avec les Américains jusqu’en mars, après quoi il participera avec la BBC à Almería à un reportage sur le refroidissement provoqué par les serres.

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