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L’énergie renouvelable s’invite dans les huttes africaines

Kenya / / Afrique

Les grilles d’énergie ne s’étendent qu’à petit pas et fort coût au Kenya, forçant l’ingéniosité des populations isolées pour réussir à atteindre une source fiable, propre et moderne d’énergie.

Panneau solaire en pays aride

Une histoire de téléphone portable

Le téléphone portable est vital dans les villages isolés du Kenya : il permet de recevoir de petits virements d’argent, de rester en contact avec la famille et de vérifier le prix du poulet au marché. Mais il faut compter 3 heures de taxi et 3 jours d’attente pour recharger les batteries une fois par semaine. C’est la routine pour encore beaucoup de Kenyans vivant dans les villages fermiers loin des villes approvisionnées en électricité.

Mais Sera Ruto et sa famille ont vu la fin de ce périple épuisant avec l’arrivée d’un panneau solaire, installé sur leur toit de tôle ondulée : ce petit panneau fabriqué en Chine suffit à recharger le téléphone portable et alimenter quatre plafonniers.

Des petits projets face aux géants de l’énergie renouvelable

La baisse du coût de l’énergie renouvelable permet aux villages les plus éloignés d’avoir l’électricité. Une goutte d’eau dans l’océan face aux grands projets d’énergie renouvelable des pays industrialisés, ces petits systèmes individuels ont pourtant un rôle majeur de transformation du mode de vie de ces villages. Dans cette famille, les résultats scolaires des enfants sont bien meilleurs depuis qu’ils peuvent étudier le soir et les plus petits ne se brûlent plus avec la lampe au kérosène. 63 foyers ont suivi l’exemple de Sera et fait installer un panneau solaire. Même s’il est difficile d’évaluer la progression, il est indiscutable qu’il s’agit là d’une tendance mondiale.

Les Nations Unies estiment qu’1,5 milliard de gens vivent sans électricité, dont 85% des Kenyans, et doivent utiliser les carburants primitifs comme le bois et le charbon pour la cuisine et le chauffage.

Un marché propice aux petites installations

En Afrique, le marché est passé du projet à grande échelle aux plus petites installations, comme le solaire, mais aussi le biogaz souterrain, et des mini-barrages hydro-électriques qui peuvent alimenter un village entier. Leur efficacité n’est plus à prouver mais les fonds pour permettre la généralisation de ces systèmes restent difficiles à trouver. De plus, John Maina, coordinateur des Services de développement des communautés du développement durable (Sustainable Community Development Services), une ONG installée au Kenya, explique qu’il manque un modèle d’entreprise, ce qui empêche l’offre de répondre à la demande alors que les villageois sont prêts à investir. Rien n’est organisé pour les commandes en gros, et les fournisseurs doivent grappiller les pièces nécessaires à droite et à gauche.

Des zones reculées oubliées…

En outre, pour le moment, l’énergie est sous le monopole de gigantesques entreprises gouvernementales, qui étendent peu à peu le réseau aux villages isolés, sans intérêt pour les investisseurs indépendants, inquiets de ne pas être payés par les villageois généralement très pauvres. Même les programmes des Nations Unies vont en priorité aux gros projets, essentiellement parce que la gestion d’un seul énorme projet est bien plus simple que celle d’une myriade de petites installations à travers tout un continent.

Les zones les plus pauvres restent donc oubliées : sur 162 milliards de dollars dépensés en 2009, 44 sont allés vers la Chine, l’Inde et le Brésil, alors que 75 milliards ont dû couvrir le besoin de l’ensemble des pays les plus pauvres.

Certains modèles font néanmoins leur apparition, parfois avec l’aide des Nations Unies, comme au Maroc où les villages éloignés, dans les zones où la grille d’énergie n’est plus rentable, peuvent obtenir un système de panneau solaire pour 100 dollars.

… qui trouvent des alternatives

Les experts sont surpris de l’engouement des familles africaines, prêtes à vendre une chèvre ou emprunter de l’argent pour acquérir des équipements à plus basse consommation d’énergie, essentiellement motivés par la recharge de leurs téléphones portables, mais aussi intéressées par les économies réalisées sur les bougies, le charbon, le bois, etc.

Dans un autre village du Kenya, deux femmes, Alice Wangui, 45 ans, et Agnès Mwaforo, 35 ans, anciennes fermières, se sont reconverties dans le commerce de cuisinières à bois à basse consommation, faites d’argile et de métal, pour 5 dollars, avec des clients impatients se bousculant sur liste d’attente. Ailleurs encore, un foyer s’alimente en énergie avec le biogaz créé par ses trois vaches, envoyé vers une cuisinière au gaz par un tuyau.

Les petits panneaux solaires de plus en plus populaires ne rivalisent cependant pas avec les grands projets de grille d’énergie des pays industrialisés : une semaine de pluie – pas de lampe en état de marche, sans parler d’un réfrigérateur. Malgré tout, ces grilles sont encore très sélectives au Kenya : il faut payer 350 dollars rien que pour la connexion au service. Dans ces conditions, à l’échelle d’une famille, le système de panneau solaire reste le plus rentable.

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