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Green et vert

Les 5 mythes de l’architecture du développement durable

/ Amérique du nord

A Vancouver, depuis les coûts élevés engendrés par le village olympique de 2010, les bâtiments ‘verts’ sont perçus comme compliqués, hors de prix et trop ambitieux. Voici la preuve du contraire en 5 points.

© Alexandar Iotzov

Les maisons, écoles et lieux de travail conçus pour le respect de l’environnement sont en général simples, petits et abordables, et constituent le secteur à la croissance la plus exponentielle dans l’industrie de la construction en Amérique du Nord (60 millions de dollars en 2010).

Dans les semaines qui viennent, Tyee Solutions Society présentera les nouvelles tendances de la construction verte (créations d’emplois, baisse du coût de l’énergie et des émissions de gaz à effet de serre), et s’intéresse aux mythes habituellement associés à ce type de construction.

Mythe 1: Un coût élevé

Le Centre d’exposition et de conférence de Vancouver, avec un jardin de toit de 5 acres et un récif artificiel, comme le village olympique de 2010 certifié LEED par le conseil de construction verte du Canada (Canada Green Building Council), prévu pour produire autant d’énergie qu’il en nécessiterait, sont des exemples de projets dont les coûts ont pesé lourd sur les contribuables.

Ces méga-projets laissent croire que ce secteur est onéreux, et leur visibilité influence grandement l’opinion publique. Mais vérifions d’abord que les coûts exhorbitants de ces constructions sont réellement liés à leurs spécificités écologiques. En raison de leur fonction de vitrine du Canada, ces projets ont été pensés pour surprendre et impressionner, la dépense n’a peut-être pas été regardée de manière économe.

En revanche, en étudiant le cas de 221 nouvelles constructions, aucune différence de dépense n’a été notée entre 83 bâtiments certifiés LEED et 138 bâtiments de construction traditionnelle, par catégorie de bâtiment (bibliothèques, centres communautaires, etc…) Les coûts sont toutefois supérieurs si les développeurs envisagent le design vert comme un surplus au bâtiment initial et non comme un de ses fondements.

Mythe 2: Les matériaux de construction durables doivent être importés

Cette idée va de pair avec le design vert vu comme simple ajout : non il n’est pas nécessaire, et même déconseillé pour l’empreinte carbone, de recourir à des bois ou plantes exotiques ou des systèmes de plomberie importés d‘Europe pour équiper un immeuble à faible dépenses énergétiques.

Il y a encore 10 ans, l’éclairage à basse consommation ou les toilettes économes en eau n’étaient pas courant. Désormais tous ces objets nécessaires au design vert sont désormais disponibles à des prix compétitifs partout en Amérique du Nord. Pour le bois, la plupart des certifications recommandent l’utilisation de bois certifié, ce qui avantage très nettement le Canada, la plus grande nation productrice de bois certifié.

Mythe 3: les économies d’énergie, une douce illusion.

Les bâtiments représentent la moitié de la consommation d’énergie selon les statistiques américaines. Réduire la quantité d’énergie utilisée semble la manière la plus simple de réduire la dépendance aux énergies fossiles. Mais les controverses laissent à penser que les bâtiments verts ne sont pas vraiment efficaces.

De mauvaises pratiques ont pu être observées. Certains bâtiments sont équipés de panneaux solaires hors de prix, générant une énergie sans carbone qui est redirigée vers des bâtiments dont l’isolation est médiocre.  Ceci ne représente en rien le design vert et donne une information inexacte à l’opinion publique.

Pour s’y retrouver, il faut faire la différence entre la certification LEED, Canada construction verte (Built Green Canada), ou Green Globes, qui récompensent un faible besoin d’énergie et les nouveaux standards comme PassivHaus et Living Buildings, pour les bâtiments dont la consommation d’énergie est proche de zéro.

Des recherches ont montré que les bâtiments écologiques peuvent faire économiser jusqu’à 24% en énergie et en argent par rapport aux constructions traditionnelles.

Mythe 4: Les bâtiments verts sont moins confortables.

L’ère victorienne nous a fait associer confort avec drapés, tapis épais et tapisserie murale surchargée, le tout étant parfaitement approprié aux maisons mal isolées et faites de matériaux naturels.

Dans les années 70, la ventilation est apparue, puis l’isolation et l’aération ont pris le dessus comme objectifs qualité. A la fin du vingtième siècle, les produits chimiques sont devenus monnaie courante dans la peinture, la moquette et les meubles, jusqu’à ce que les premiers symptômes de maladie apparaissent.

Le design vert cherche à éliminer l’utilisation de matériaux toxiques pour les remplacer par des surfaces dures, comme le bois ou le ciment. On peut toutefois trouver des moquettes non-toxiques, et le choix redevient une question de goût et non de toxicité.

Mythe 5: La construction verte n’est qu’une passade.

La construction alternative a vu le jour dans les années 1970, et les idées ont évolué jusqu’aux standards d’aujourd’hui. Entre temps, beaucoup de ces créations ‘faites maison’ – la tendance de l’époque – ont échoué et disparu mais le mouvement persiste et s’améliore. La génération actuelle de bâtiments verts certifiés est définitivement parmi les propriétés les plus recherchées sur le marché. Une étude comparant 694 immeubles de bureaux certifiés avec 7 489 immeubles de bureaux traditionnels a remarqué des loyers plus élevés de 2% pour les bâtiments verts et un ajout de 5 millions de dollars sur la valeur initiale de chacun de ces immeubles.

thetyee.ca

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