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Pour lutter contre la dengue, faut-il vraiment lâcher des moustiques génétiquement modifiés dans la nature?

Malaisie / / Asie

La dengue est une maladie transmise par le moustique et potentiellement mortelle. Elle touche 50 à 100 millions de personnes chaque année. Aucun vaccin ou traitement existant à l’heure actuelle, il faut pour éradiquer cette maladie, prendre le mal à la source et éliminer les moustiques transmetteurs. Pour cela, la Malaisie prépare une expérience étonnante : relâcher des moustiques génétiquement modifiés. Explications.

Moustique pouvant propager la dengue © Hemin Xylan Mahzan

L’institut de recherche médicale a développé avec la société de biotechnologies anglaise Oxitech une version génétiquement modifiée du moustique ‘Aedes aegypti’, à l’origine de la maladie. L’idée est de relâcher des millions de mâles modifiés dans la nature, en espérant qu’ils fécondent des femelles ‘normales’ à la place de leurs concurrents naturels. Les rejetons sont programmés pour avoir une très courte espérance de vie, réduisant ainsi la population de Aedes aegypti.

C’est la première fois que l’idée est adoptée à grande échelle. Fin 2010, le projet a été adopté par les autorités sanitaires du pays. Ils ont décidé de relâcher ces moustiques dans le district de Bentong, particulièrement touché par la maladie, en décembre 2010. Malgré l’apparente satisfaction des populations inquiétées par une épidémie qui ne fait qu’empirer, plusieurs dizaines d’ONG ont dénoncé ces projets. Alors si le plan n’a pas encore été réalisé, est-ce à cause de cette levée de boucliers ?

Selon les officiels du ministère de l’environnement, non. Le projet a simplement été reporté à cause des pluies récentes dans la région cible. Dr Mohamed Mohamad Salleh explique ainsi :

Le projet a déjà été approuvé par le gouvernement et nous pouvons commencer à tout moment. Nous attendons simplement une fenêtre météorologique plus propice.

Pourtant, les ONG sont vraiment alarmées. 23 ONG locales ont signé une lettre ouverte demandant aux autorités de revenir sur leur décision. 87 organisations internationales se sont jointes à cette demande. C’est que les conséquences de l’expérience grandeur nature sur les écosystèmes pourraient être ignorées. D’autant plus que d’autres moyens existent pour lutter contre le moustique. Il suffit en effet de supprimer les petites retenues d’eau pour qu’il perde ses espaces de reproduction. Mais l’expérience montre que ces mesures élémentaires sont très difficiles à appliquer, essentiellement parce qu’elles reposent sur la contribution de chacun. Dans ce contexte, la solution radicale du moustique génétiquement modifiée fait figure de moyen moderne ultra pratique…

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