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Une pluie de critiques

Brésil / / Amérique du sud

Alors que le bilan des pluies diluviennes tombées ces derniers jours dépasse les 600 morts, c’est désormais une pluie de critiques qui commence à s’abattre sur les responsables politiques. Tant au niveau des États et du Gouvernement Fédéral, il est difficilement acceptable qu’un phénomène connu et largement identifié (depuis l’apparition d’El Niño, les précipitations enregistrées au mois de Janvier sont toujours plus importantes) continue à provoquer autant de dégâts humains et matériels.

© Antônio Cruz

Lorsque l’on compare les précipitations en Australie et au Brésil ces derniers jours, on s’aperçoit que l’Australie a été plus affectée , en revanche, le nombre de victimes et les dégâts matériels y sont bien inférieurs. Le système de vigilance des catastrophes naturelles mis en place fonctionne donc bien en Australie. Celui-ci a permis d’anticiper les fortes chutes de pluie et le débordement des cours d’eau et de prévenir la population suffisamment tôt pour éviter de mettre des vies en péril. Au Brésil, on se questionne sur l’existence d’un tel système. Pour Ana Luiza Coelho Netto, de l’Institut de Géosciences de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, la vulnérabilité des villes de Petrópolis et Teresópolis est connue depuis longtemps et ce qui s’y passe prouve l’absence totale de planification urbaine. Elle met également en cause la déforestation, facteur qui favorise les glissements de terrain.

Il est impossible qu’une cartographie de diagnostic bien établie n’ait pas pu mettre en évidence des risques aussi élevés

souligne-t-elle.

L’an dernier déjà, à la même époque, les mêmes scènes de maisons ensevelies ou emportées par des torrents de boue avaient défilé sur les écrans de télévision. La ville de São Luis de Paraitinga, classée patrimoine historique du Brésil, avait pratiquement été rayée de la carte.

Des financements importants avaient pourtant été annoncés à l’époque pour faire face à ces problèmes. Mais, selon une enquête réalisée par le site internet Contas Abertas (Comptes Ouverts), le Ministère de l’Intégration Nationale n’aurait alloué que 39% du budget prévu pour la Prévention et Préparation aux Désastres, soit 167 des 425 millions de R$ prévus. L’Etat de Rio de Janeiro n’ayant bénéficié que d’un petit million… Le Gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro, Sergio Cabral, affirme avoir déjà reçu 500 millions de R$ (220 millions d’euros) ces 4 dernières années de la part du Gouvernement Fédéral, mais il est difficile de savoir comment et où cet argent a été investi. Une chose est sûre :  rien n’a été fait dans les régions touchées par la catastrophe. De son côté, Paulo Ziulkoski, Président de la Confédération Nationale des Municipalités, affirme que dans 92% des cas d’urgence observés ces 8 dernières années, le budget n’a pas été débloqué par le gouvernement fédéral faute de main d’oeuvre qualifiée pour démarrer les chantiers.

Amenée à s’exprimer sur la situation au Brésil, Debarati Guha-Sapir, consultante de l’ONU et reconnue comme une des principales spécialistes mondiales en catastrophes naturelles et stratégies de réponses aux crises, n’a pas épargné ces critiques :

Le Brésil n’est pas le Bangladesh et n’a aucune excuse pour laisser, au 21ème siècle, des personnes mourir dans des glissements de terrain causés par la pluie.

Pour elle, les 37 inondations constatées ces 10 dernières années devraient représenter un chiffre suffisant pour faire réagir le gouvernement. Le pays ne manque pas d’argent et la technologie de surveillance des zones à risque est disponible, à faible coût. Et Debarati de conclure :

Le Brésil n’a pratiquement qu’un seul problème naturel et il n’arrive pas à y faire face. Imaginez s’il y avait aussi des tremblements de terre, des volcans, des tornades…

Pour en savoir plus, g1.globo.com et www.estadao.com.br

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