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La pyramide des richesses à la genèse d’un concept

Selon le rapport de l’Institut de recherche du Crédit Suisse sur la pyramide des richesses économiques publié le 8 octobre 2010, la richesse mondiale augmente considérablement en ce début de siècle. Estimée à 195 000 milliards de dollars, elle a crû de 72% depuis 2000 et devrait croître de 61% d’ici 2015.

Autres chiffres saillants de l’étude, 0,5% des adultes situés au sommet de la pyramide (24,2 millions) possèdent 35,6% de la richesse mondiale ; alors que les 68,4% d’adultes situés à la base de la pyramide (3 038 millions) possèdent 4,2% de la richesse mondiale.

Or, comme nous le rappelons dans un dossier spécial sur l’urbanisation et l’alimentation, 2/3 de la population mondiale vivra dans les villes d’ici 2030. Ce phénomène de surpopulation va accentuer les crises économiques et sociales, les problématiques environnementales et fragiliser les populations les plus pauvres; tout particulièrement celles des pays les moins développés.

Afin d’atténuer les écarts de richesse existants entre les pays du Nord et ceux du Sud, l’article 8 des Objectifs du Millénaire pour le Développement préconise de ‘poursuivre la libéralisation du système commercial et financier sur la base de règles non discriminatoires, et avec un traitement spécifique en faveur des pays les moins avancés’.

La base de la pyramide ou ’4 milliards de nouveaux consommateurs’

Partant du constat que le secteur privé s’implique faiblement dans la lutte contre la pauvreté, l’économiste américain C.K. Prahalad définit les prémices d’une nouvelle stratégie économique connue sous le nom de courant BoP, en référence à la base de la pyramide des richesses économiques  (Base of Pyramid); c’est-à-dire le groupe socio-économique le plus pauvre. Dans son livre intitulé 4 milliards de nouveaux consommateurs (2004), Docteur C.K. Prahalad soutient la thèse selon laquelle les BoP, seraient la nouvelle manne financière des grandes entreprises en raison de leur vaste potentiel de consommation largement inexploité. Ceci étant, il convient de réétudier un nouveau rapport prix/performance, de nouvelles formes de production et de distribution, de nouveaux systèmes de coûts, le marketing, la facturation et une redistribution des compétences des différents acteurs de la chaîne de valeur.

L’idée d’intégrer les indigents dans l’économie de marché n’est cependant pas nouvelle. Au lendemain de la crise de 29, le président américain Franklin D. Roosevelt appelle à ‘la construction de plans qui reposent sur les oubliés, les non-syndiqués’ dans son fameux discours The Forgotten Man (1932). Avec conviction, le père fondateur du New Deal encourage les entreprises américaines à ‘se construire à partir de la base et non du sommet’ et de mettre ‘leur confiance une fois de plus dans l’homme oublié, tout en bas de la pyramide économique’.

@ EriK Simanis et Stuart Hart, Université Cornell, 2008

L’engouement pour l’économie inclusive et participative

Il faut croire que l’allocution de Franklin D. Roosevelt n’a rencontré qu’un faible écho au sein de la communauté internationale. Ce n’est véritablement que depuis une dizaine d’années que les leaders de ce monde affichent un intérêt croissant pour les populations vivant avec moins de deux dollars par jour. Du Forum économique de Davos au Sommet mondial contre la pauvreté, il ne se passe plus un mois sans qu’une déclaration ou une rencontre internationale ne vienne rappeler que la lutte contre la pauvreté compte parmi les grands enjeux de ce siècle.

Et ça marche, si l’on se réfère à la pile d’ouvrages publiés chaque année sur le sujet ; notamment celui du professeur Stuart L. Hart qui invite les entreprises dans Le capitalisme à la croisée des chemins (2005), à adopter un nouveau modèle économique inclusif et participatif. Dans son protocole BoP (Base of Pyramide), Stuart Hart élabore un schéma du développement durable où les sous-groupes de la pyramide économique sont interdépendants; chacun ayant une influence sur l‘ensemble de la sphère socio-économique.

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