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Ca va chauffer dans les villes… grâce à l’énergie des ordinateurs

Finlande / / Europe

On n’imagine pas comme c’est glouton en électricité, les centres de serveurs informatiques. Et cela dégage, en pure perte, des kilowatts de chaleur, qui partent dans la nature. Pourquoi ne pas récupérer cette énergie ? C’est l’idée lancée par des chercheurs de l’université d’Aalto, grâce à des salles d’ordinateurs complètement repensées dans une visée urbaniste.

Serveurs informatiques dans un centre de données. © Andres Rodriguez

Il faut beaucoup d’électricité pour faire tourner les centrales qui abritent les gros serveurs informatiques. Et il en faudra de plus en à mesure que les systèmes informatiques deviennent plus efficaces. De plus en plus d’espace de stockage est nécessaire pour transmettre de plus en plus de plus de bits. Et tous ces ordinateurs de bureau, portables, serveurs, téléphones, imprimantes, etc. vont faire exploser la consommation d’électricité, prévoit le Pr. Jukka Manner, de l’université d’Aalto.

Le refroidissement nécessite beaucoup plus d’électricité que n’en consomment les ordinateurs dans les salles. La chaleur produite part dans la nature : les oiseaux sont les seuls à en profiter !

Elle constate :

Au Japon, en 2020, les seuls routeurs utilisés pour l’Internet absorbent autant d’électricité qu’en a produit tout le pays en deux ans. En Finlande aussi, nous devons étudier la question avant qu’il ne soit trop tard.

D’après elle, les méthodes de refroidissement actuelles de ces salles ont tout faux. Son projet ? La climatisation des salles d’ordinateurs doit devenir ‘intelligente’ pour recycler la chaleur qu’elles produisent. Et pas seulement pour chauffer l’eau dans les bâtiments qui les abritent !

L’université d’Aalto cherche les moyens techniques pour réduire cette consommation excessive, afin de permettre à toute la société de réutiliser cette énergie. Et plutôt que de construire de grandes unités, pourquoi ne pas décentraliser les serveurs ?

Au lieu d’avoir une ou deux salles géantes d’ordinateurs, les centres de serveurs pourraient aussi être démultiplié et abrité dans les sous-sols des maisons, pour leur fournir de la chaleur

…, suggère Manner.

Autre cible des critiques du Pr. Manner, le projet d’attirer des géants comme Google en Finlande.

Nous devons nous demander si ce pays peut fournir assez d’électricité pour cela ! Et si cela a un sens de rejeter les énormes quantités de chaleur gaspillée dans les rivières ou dans la mer, comme c’est prévu actuellement.

En outre, l’état du réseau de données de la Finlande pose problème.

Les câbles en fibre optique en Finlande sont loin d’être en état, et notre situation géographique n’est pas optimale. La majorité des données transite par la Suède, ce qui pose la question de la confidentialité des données.

Projet collectif des services des Communications et des Réseaux, d’Ingénierie Électrique, et d’Ingénierie structurelle et des Technologies de la construction, la centrale de serveurs à l’étude à l’université d’Aalto – si elle voit le jour – sera une parfaite illustration du principe :

C’est bien quand tout marche ensemble.

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Derniers commentaires

  1. GVadmin

    Merci pour ces quelques chiffres… très surprenants!

  2. pim

    Article de siné hebdo, journal malheureusemnt disparu a ce jour..(mais il en reste un peu la http://www.sinehebdo.eu/ )

    [Julie Le Bolzer - Siné Hebdo - n°83 - 07/04/2010 ]

    Une requête sur un moteur de recherche laisse une empreinte carbone colossale. Bientôt, on émettra moins de C02 en allant chercher l’info sur place en avion.

    Une recherche Google représente 7 grammes de dioxyde de carbone, soit une ampoule allumée pendant une heure. Deux requêtes équivalent à 15 gramme-s de C02, soit l’énergie nécessaire pour porter à ébullition le contenu d’une bouilloire.

    Un constat alarmant, fruit d’une étude d’Alex Wissner-Gross, physicien à l’université de Harvard. Selon lui, un seul clic depuis un ordinateur personnel met en branle une foule d’appareils électriques: la demande est acheminée vers un serveur, puis vers un autre, et encore un autre… jusqu’au « data center » final, gigantesque terminal informatique. Au nombre de 45 millions dans le monde, ces « data centers » ont doublé leur consommation électrique en cinq ans, avec une facture énergétique atteignant près de 5 milliards d’euros pour la seule Europe de l’Ouest.

    Pour certains, cette voracité énergétique relève de la légende urbaine au vu de la difficulté de calculer l’énergie utilisée par un seul consommateur sur des équipements partagés par des millions d’individus. Un argument qui s’est quelque peu effrité le mois dernier, lorsque le ministre américain de l’Énergie, Steven Chu, déclarait son inquiétude face à « ces centres de données qui consomment 3 % de l’électricité du pays ».

    À ce rythme, d’ici deux ans, outre-Atlantique, les « data centers » émettront autant de C02 que la flotte aéronautique américaine. Il sera alors plus écolo de prendre un avion en direction ·de Tahiti plutôt que de faire une recherche sur les tikis (statues et masques tribaux) polynésiens.