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Le défi de la mutualisation des efforts

/ Monde

Pour limiter les obstacles et accéder aux opportunités qu’offre ce marché, les marchés BOP requièrent plus que d’autres, la construction de nouveaux modèles d’activités s’appuyant sur de nouveaux types de partenaires.

Des partenariats participatifs

En 2005, au Maroc, Mohammed VI a érigé en priorité nationale la lutte contre l’habitat insalubre et l’exclusion sociale. C’est dans ce contexte que LYDEC, filiale marocaine de GDF SUEZ, a signé un accord avec les autorités du Grand-Casablanca.

Pour gagner ce pari, LYDEC a conçu un partenariat innovant avec différents acteurs clés : le ministère de l’Habitat, l’Agence nationale pour le développement social, l’Office national de l’eau potable, l’ONG Almae (en faveur de la santé et de l’implication des femmes) et les communautés des quartiers défavorisés de Casablanca. Les collaborations ont porté sur les aspects techniques, financiers, mais également sociaux liés à l’extension des réseaux d’électricité aux quartiers défavorisés.

LYDEC implique aussi la population locale dans le projet. La distribution de l’électricité s’effectue par groupe de vingt logements. Chaque groupe élit un représentant pour gérer son ‘réseau secondaire privé’. Cette personne, signataire d’un contrat collectif avec LYDEC au nom des familles qu’elle représente, reçoit également la facture globale et répartit le montant sur la base des consommations relevées sur les compteurs individuels.

La réussite d’une entreprise sur ces marchés  passerait donc par le tissage d’un réseau de partenaires pouvant permettre le transfert de connaissances, de technologies et de qualité. Ces partenariats sont d’ailleurs souvent présentés comme vitaux pour le succès d’une démarche à destination des populations défavorisées.

Thomas André, Coordinateur au programme d’Accès à l’Énergie de Schneider Electric, nous confie qu’

au-delà de l’innovation technologique dont fait preuve le groupe, dans un contexte local qui varie fortement d’un pays à l’autre voir d’une région à l’autre, l’ouverture à des partenaires non conventionnels (ONG, autorités locales, entrepreneurs sociaux…) est une démarche primordiale pour maximiser l’impact d’un accès à une électricité fiable, abordable et pérenne.

© FAO/Alessandra Benedetti

La diaspora comme moteur de développement

La diaspora des pays les moins avancés prend de nombreuses initiatives pour contribuer au développement de leur pays d’origine.

Dans la tribune quotidienne The New Nation, un intellectuel expatrié appelle les FOBANA, association des expatriés bangladais en Amérique du nord, à contribuer au déblocage de l’économie via l’éducation, l’électricité et la démocratie (EED). Ce type d’appel lancé à la diaspora est de plus en plus fréquent.

Par ailleurs, le 13 novembre 2010 s’est tenue à Paris une rencontre sur les diasporas : Quels leviers de développement économique et d’investissement productifs  dans les pays du Sud.

Mélodie Beaujeu, l’organisatrice de l’évènement, Responsable Migrations & Diversités d’Enda Europe nous informe que

La mise en œuvre d’activités économiques au sens d’investissements productifs créateurs de revenus et d’emplois pérennes suscite un intérêt croissant de la part des membres de la diaspora engagés dans des projets individuels ou collectifs de développement.

Mélodie Beaujeu estime que les migrants peuvent être un levier potentiellement majeur de structuration et de mise en œuvre d’activités économiques au service des plus pauvres, du fait de leurs acquisitions de compétences, mais aussi de leurs capacités à mettre en synergie différents partenaires entre pays d’accueil et pays d’origine.

En pratique cependant, de nombreux projets échouent et les objectifs initiaux ne sont pas atteints, principalement en raison du manque d’informations et de financement; ainsi qu’un manque de confiance dans les institutions et les partenaires locaux, précise Mélodie Beaujeu. D’où les tentatives des migrants d’assainir la gouvernance. Appuyé par Enda Europe, Mali et Sénégal, des associations de jeunes diplômés étrangers africains ont interpellé il y a quelques mois les acteurs de l’emploi de leurs pays d’origine. L’objectif était de connaître les possibilités concrètes de transferts de compétences et de réinsertion sur place.

Pour renforcer leur croissance sur les marchés pauvres, les multinationales ont donc tout intérêt à développer des partenariats avec les organismes de migrants.

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