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Les multinationales au service du développement durable

/ Monde

Dans le cadre de leur stratégie de développement durable et de responsabilité sociale, nombreuses sont les multinationales qui adoptent une démarche BoP dans leur système commercial.  Et les clients pauvres ?, un livre publié par L’IMS-Entreprendre pour la Cité, Henri de Reboul et Olivia Verger-Lisicki, offre un panorama complet des grandes entreprises engagées dans la lutte contre la pauvreté.

Les entreprises s’engagent à améliorer la santé des plus démunis,

Dans de nombreux pays du Sud se soigner relève bien souvent du parcours du combattant. Les médecins et les infirmières sont souvent à court d’approvisionnement, les centres de soins sont sous-équipés et en sous-effectifs, les  traitements sont coûteux et les hôpitaux sont rares. Or, il est difficile de lutter contre la pauvreté sans se pencher sur les problématiques de santé.

Engagée dans une démarche de développement durable depuis de nombreuses années, Unilever a lancé en 2000 au Ghana le sel Annapurna pour lutter contre les déficiences en iode, responsable de retards de développement et de mortalité infantile dans les pays du Sud. Aujourd’hui commercialisé au Nigéria, au Malawi et en Inde, Unilever a su rendre ce programme durable en s’entourant de partenaires comme l’UNICEF, et en externalisant la production du sel Annapurna auprès d’entreprises locales.

Grâce à son modèle de petits hôpitaux (20 à 25 lits) et ses prix sensiblement inférieurs à ceux du marché, Lifespring – un réseau d’hôpitaux spécialisés dans les soins de santé maternelle et infantile – a réussi à allier rentabilité financière et offrir des soins de santé de qualité à faible coût. En 2005, le premier hôpital ouvre dans la banlieue de Hyderabad, en moins de deux ans, l’hôpital devient rentable. Les hôpitaux se succèdent. Aujourd’hui, plus de 25 000 patients à faibles revenus ont pu bénéficier des soins du réseau Lifespring.

…Assurer un environnement humain durable,

L’expérience prouve quotidiennement qu’un environnement sain et productif contribue à améliorer la santé des individus. À ce jour, 1,4 milliard de personnes, soit près de 300 millions de foyers, n’ont pas accès à l’électricité. Ces populations défavorisées disposent en général de moins de 2 dollars par jour pour vivre alors que les dépenses d’énergie représentent plus de 15 dollars par mois.

Dans le cadre de son programme d’accès à l’énergie BipBop, Schneider Electric contribue à répondre aux besoins et attentes des populations pauvres, qu’elles soient à finalité individuelles ou communautaires. Ainsi, lorsque que l’on évoque l’accès à l’énergie, le premier besoin exprimé par les communautés qui en sont privées constitue celui de l’éclairage. En février 2010, le groupe a lancé In-Diya, un système d’éclairage à très faible consommation électrique pour les populations indiennes n’ayant pas accès à l’électricité (500 millions d’Indiens). Le modèle de base de ce système est disponible à partir de 550 roupies environ (8,5€). Son alimentation électrique est assurée par une batterie externe rechargeable, qu’il est possible de louer auprès d’une station de recharge gérée par un entrepreneur local. Conçu avec le centre R&D du groupe en Inde, In-Diya est produit dans une usine locale, par des salariés indiens. Le groupe travaille actuellement à proposer cette innovation dans d’autres pays, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud-Est.

D’un point de vue communautaire, Schneider Electric a également développé une solution d’Électrification Rurale Décentralisée. Ces micro réseaux dont la génération d’électricité est basée sur le photovoltaïque permet d’alimenter des villages de 20 à 200 foyers selon leur puissance. L’inclusion dans la réalité des communautés est une priorité et passe par l’alimentation d’écoles, de dispensaires ou de marchés mais également la promotion d’activités entrepreneuriales locales grâce aux moulins à grains, aux systèmes de pompage d’eau pour l’irrigation ou encore aux stations de charge de batterie.

Mais l’électricité n’est pas le seul besoin. Près de 900 millions de personnes à travers le monde n’ont pas accès à l’eau potable, dont 200 millions d’entre eux seulement vivent en Inde. Le groupe Tata, a récemment construit le tata Swach, un purificateur d’eau d’une valeur de 22$ visant les ménages à faibles revenus dans les zones rurales et dans les pays en voie de développement, qui fonctionne sans électricité, ni eau courante.

© Schneider Electric

…Assurer l’éducation primaire pour tous,

La Fondation Schneider Electric et l’ONG Aide et Action lancent en Inde la formation professionnelle aux métiers de l’électricité des jeunes dans la région sud du pays, durement frappée par le tsunami fin 2004. En 2010, le projet a été développé en Haïti, suite au séisme. Le projet de formation professionnelle s’appuie sur la création de centres techniques, pour mutualiser les ressources et expertises dans le domaine du BTP. Dans ce cadre, des formations initiales et continues pour une insertion professionnelle durable vont être organisées. Des cursus seront déployés sur l’ensemble du territoire couvrant les métiers de l’électricité, du bois, du bâtiment et des travaux publics.

En 2011, le projet va mettre en œuvre de nouveaux cursus professionnels, des formations de formateurs, et des unités mobiles pour déployer ces formations à travers le pays en partenariat avec des entreprises des métiers du bois et du BTP.

© Danone

…Réduire l’extrême pauvreté et la faim.

Depuis 2003, Danone s’est donnée pour mission ‘d’apporter la santé par la nutrition au plus grand nombre’. En 2007, la multinationale développe en Pologne le Mleczny Start, un petit-déjeuner équilibré à base de porridge enrichi en minéraux et vitamines destiné aux populations de la base de la pyramide. Pour que le projet soit financièrement viable Danone a établi des partenariats avec une association nationale de nutrition et de santé pour les enfants, la principale compagnie polonaise de fabrication de produits instantanés, et avec le principal revendeur de produits alimentaires.

Le groupe français n’est pas le seul à s’inspirer des enseignements de C.K. Prahalad ou de Stuart Hart. Le marché indien estimé à près de 350 millions d’euros selon nextbillion.net attise la convoitise des hommes d’affaires avertis. Nestlé fait la promotion des produits Masala-ae-Magic et Maggi Rasile Chow, enrichis en fer, iode et vitamine A vendus à bas prix aux populations vivant dans les bidonvilles de Mumbai Dharavi; Coca-Cola mise sur Vitingo, une boisson riche en micro-nutriments vendue 2,50 roupies le sachet dans les villages de l’État d’Orissa; et GlaxoSmithKline, qui commercialise Asha, une boisson à base de lait, auprès des populations rurales de l’État de l’Andhra Pradesh.

Ainsi, sur l’échiquier des BoP, les multinationales avancent leurs pions rapidement et sûrement. Néanmoins, un bémol s’impose. En examinant le cas de Fair & Lovely, une crème éclaircissante pour la peau commercialisée par Unilever, le professeur Aneel G. Karnani s’insurge contre ces entreprises, pour qui la misère est un prétexte supplémentaire pour augmenter leur chiffre d’affaire. Vendre du Coca-Cola, des Marlboro ou des rasoirs Gilette à des individus vivant dans l’insalubrité, est-ce le moyen le plus efficace pour lutter contre la pauvreté? La question se pose. Mais comme pour la microfinance, il est bon de préciser que malgré quelques erreurs de jugement, de nombreuses entreprises dont Unilever, s’engagent réellement en faveur des plus nécessiteux. Les nombreux exemples qui sont présentés tout au long de ce dossier l’attestent.

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