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La tragédie des victimes de l’endosulfan

Inde / / Asie

L’endosulfan, un pesticide interdit dans 70 pays, ne l’est pas encore en Inde. Pourtant, les victimes de ce produit sont nombreuses. Le journal Down To Earth est allé à leur rencontre dans l’état du Karnataka. Ils réclament l’aide du gouvernement, qui tarde à venir malgré les promesses.

© Simeon Flowers

La mère de Santosh Menzes était enceinte lorsque les plantations de noix de cajou de son village étaient traitées à l’endosulfan. L’enfant est né avec des malformations, et il est maintenant paralysé. Sridhar Growda, un des leaders du mouvement de lutte contre le produit, est presque aveugle.

Quand on était enfants, mes frères et moi nous précipitions vers les hélicoptères qui traitaient les plantations. L’héliport était situé à 200 mètres de notre maison. Ma vue a commencé à baisser dans mon adolescence. En 1992, j’ai totalement perdu un œil. En quelques années je suis devenu aveugle. Depuis, grâce à plusieurs opérations, j’ai récupéré 20% sur l’œil droit.

Le père de Growda est aussi aveugle, son frère souffre de dépression et on vient de diagnostiquée à sa sœur un cancer de l’utérus.

Menzes et Growda habitent le village de Kokkada, dans la province du Karnataka. Malheureusement, ce sont loin d’être les seules victimes de dizaines d’années d’utilisation d’endosulfan, qui a désormais stoppé dans leur village depuis 2001, mais ce n’est pas le cas partout dans l’état. Ils ont monté une association pour demander l’interdiction du produit et de l’aide aux victimes. Si leur première demande a été entendue, la seconde reste lettre morte.

En février 2010, le gouverneur de l’état, en déplacement dans la région, a interdit l’endosulfan. Il a d’autre part commandé une étude pour recenser les victimes du produit. Enfin, il a déclaré que 2,5 millions de roupies (plus de 40 000 euros) seraient débloquées très rapidement pour créer un centre de prise en charge des victimes. Mais 11 mois après, rien a été fait.

Et leur étude était vraiment aléatoire

Gowda explique comment en 3 jours, les ‘inspecteurs’ ont recensé 231 victimes. Ils n’ont considéré que les personnes touchées par des malformations, alors que la plupart des victimes soufrent de cancers, de maladies de la peau, d’infertilité ou de handicap mental.

L’interdiction décidée par le gouverneur montre que le gouvernement commence à parler de l’endosulfan comme d’un problème.

Ce n’était pas évident, car comme l’expose un autre article de la même publication, le lobby de l’industrie chimique est très puissant et refuse à reconnaître l’endosulfan comme toxique. Mais selon Muralidhar, un médecin de la région, les choses sont claires.

Si le lien entre l’endosulfan et ces maladies ne peut pas être démontré, il est difficile de l’éliminer comme cause potentielle. Sinon, comment expliquer autant de malades dans ce petit village ?

Espérons que les autorités prendront la mesure du problème et seront prêtes à s’opposer aux lobbys afin de protéger leurs administrés.

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