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L’armée doit-elle passer au vert?

USA / / Amérique du nord

Alors que le reste du pays stagne sur les questions de climat et d’énergie, l’armée fait de son mieux pour être écolo mais les doutes s’accumulent sur l’intérêt de la manœuvre, au moins dans l’immédiat

Hélicoptères de l'armée américaine. © Wessel Du Plooy

Le Pentagone a dépensé 300 millions de dollars dans la recherche sur les carburants alternatifs, la marine et l’aviation se sont engagées à utiliser au moins 50% de ces carburants dans la décennie en cours. C’est l’écologie patriotique, où l’environnement et le réchauffement climatique deviennent des questions de sécurité nationale, à cause de la dépendance au pétrole importé. Et personne ne s’en plaint, en partie parce que personne ne critique l’armée aux États-Unis.

Toutefois, selon RAND Corporation (Research ANd Development, centre de réflexion de politique mondiale à but non lucratif), cela n’en vaut pas forcément la peine. La Navy, par exemple, porte ses efforts sur les biocarburants aux algues, au coût élevé et au futur encore trop incertain pour être efficaces (on ne sait en fait pas quels sont les impacts en terme d’émissions de gaz à effet de serre). Dans un message accompagnant cette étude, James Bartis, le directeur de l’étude explique:

Pour comprendre les bénéfices des carburants alternatifs pour le pays, l’armée doit ré-évaluer l’emphase portée à la fois sur les tests de carburants et le développement technologique. L’accent a été trop longtemps mis sur les carburants à base de graines, qui supplante la production alimentaire, a une productivité limitée et cause peut-être des émissions de gaz bien supérieures aux carburants traditionnels.

L’étude commandée en 2009  par l’armée elle-même, va faire parler d’elle. Il semble que les carburants ordinaires issus du carbone, dans le cas de l’armée, soient les plus adaptés, malgré leur coût élevé en carbone. L’idéal, pas encore possible, serait de capturer ces émissions. Les autres carburants, à base de graisse animale, d’huile végétale ou autres ne sont pas viables en raison de leur coût, du manque de ressources ou de l’espace nécessaire pour leur développement. Pour le moment, la meilleure formule est traditionnelle : produire le carburant sur le site normal de fabrication et le transporter là où se trouvent les troupes.

Le secrétaire attaché à l’énergie pour la Navy, Thomas Hicks, s’est déclaré mécontent de l’étude : RAND ne les aurait pas impliqués dans les recherches et n’aurait observé suffisamment le marché. Selon lui et les autres détracteurs de l’étude, RAND ne tient pas compte du fait que les recherches militaires sur les bio-carburants peuvent bénéficier à l’ensemble de la population, pas uniquement à l’armée, en diminuant la consommation de pétrole. Cependant, le pétrole utilisé par l’armée ne constitue que 2% de la consommation journalière des États-Unis.

Là où les bénéfices sont attendus, en revanche, c’est dans l’innovation technologique, où l’armée américaine a toujours brillé. Grâce à elle, les techniciens, décisionnaires, chercheurs et investisseurs peuvent rassembler des informations sur les différentes options de carburants alternatifs pour développer une commercialisation compétitive et affaiblir le cartel de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole).

Malgré ces possibilités, dans une période où l’urgence est d’économiser même au Pentagone, il est fort possible que le rapport de RAND donne quelques pistes de coupes budgétaires. Il aura sans aucun doute prouvé que ce n’est pas facile de virer au vert.

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