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Le plan pour la protection des forêts suscite la controverse à Moscou

Russie / / Europe

Il y a six mois, un énorme nuage de fumée noire planait sur la capitale russe, plongeant Moscou dans la panique. Les forêts autour de la ville se sont en effet enflammées sous le coup d’une extrême sécheresse, entrainant des dizaines de morts. En réaction, l’Agence fédérale des forêts de Russie a donc annoncé début février un nouveau plan d’action pour la sauvegarde des forêts dans la région de Moscou, jusqu’en 2018. Un document qui ne convainc pas les associations de défense de l’environnement.

Bois brûlé près de Maslovka, dans la région de Voronej, à 500 kilomètres au sud ouest de Moscou, le 7 août 2010 © Timur Mamedrzaev

D’une surface totale de 2,18 millions d’hectares, les forêts autour de Moscou sont la cible de tous les appétits, et notamment ceux des promoteurs immobiliers. Le plan a donc tenté de prendre en compte les observations des organisations environnementales, en plaçant certaines zones sous la classification de ‘Parc national’, ou encore en re-classifiant des zones agricoles en zone forestières. Le nouveau plan d’aménagement  envisage également d’augmenter le nombre de districts forestiers dans la région de Moscou de 10 à 19, et d’augmenter le nombre de gardes forestiers, chargés de la protection et de la surveillance des bois.

Pour autant, les tensions restent vives, notamment en ce qui concerne la lutte contre les incendies, et ce malgré des avancées notoires : le document prévoit une augmentation du nombre de barrières ‘coupe-feu’ ( bandes minéralisées, talus, fossés…), la création de réservoirs artificiels et de sites de collecte des eaux, la construction de 53 tours supplémentaires de vidéo-surveillance ainsi que l’augmentation des patrouilles de liaisons aériennes. 3,7 milliards de roubles (93 millions d’Euros) devraient être alloués à la mise en place de ces mesures.

Pour  Alexeï Yarochenko, de l’organisation GreenPeace Russie, qui s’exprimait sur le sujet fin décembre, le plan ne prend pas suffisamment en compte la gravité des incendies de 2010  :

Personne n’a calculé combien d’hectares de forêts ont brûlé, ni quelles mesures de prévention des incendies avaient été adoptées, le nombre de personnes blessées par les feux, ou encore quels arbres ont besoin de récupérer jusqu’en 2018.

Autre motif de discorde, la superficie des terres allouées à des fins récréatives (qui devra passer en 2018 à  200 000 hectares), ainsi que la poursuite de la coupe à blanc et le développement de la sylviculture, vue comme un moyen de lutter contre les incendies.

Bien sûr, les loisirs sont la partie la plus rentable de la forêt, parce qu’ils permettent de faire du commerce, toujours selon Alexeï Yaroshenko Mais souvent, dans les zones dites de loisirs apparaissent des centres commerciaux et de divertissement pour les riches.

Le plan interdit pourtant l’émergence de structures permanentes après la fin du bail locatif en zone de loisirs, les installations devant être démantelées et les lieux remis en état. Mais Yaroshenko note que toute construction supplémentaire ’cause encore des dommages à la forêt’.

Enfin, la construction d’autoroutes à travers les bois, malgré le fort mouvement d’opposition organisé l’été dernier par la société civile, n’est pas complètement mise au placard. La transformation de zones forestières en espaces verts, dans la banlieue de Moscou (des zones plus souples en matière de réglementation et d’urbanisme), laisse également craindre des dérives.

Face aux critiques, le responsable de l’agence fédérale de forêts, Evgen Trunov, s’est laissé la possibilité de revoir le plan en 2012, après les premiers bilans.

Pour en savoir plus, Gazeta.ru

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