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Green et vert

Pas d’introduction en bourse pour les exploitants de bile d’ours?

Chine / / Asie

Guizhentang, une société pharmaceutique du Fujian, prépare son introduction en bourse. Mais l’opposition du public menace ce projet. Car l’entreprise possède la plus grande ferme d’ours de Chine, qu’elle exploite pour leur bile.

© Ewan Chesser

La pratique est ancestrale et consiste à prélever leur bile à des ours vivants pour élaborer des remèdes de pharmacopée orientale. Si le public chinois commence à être conscient de l’inhumanité de ces pratiques (cf. Green et vert du 31 janvier 2011), ce n’est semble-t-il pas le cas des élites.

La fondatrice de la société Guizhentang, Qiu Shuhua, est élue à l’assemblée populaire locale de la ville de Quanzhou. Sa société a envoyé un dossier de demande d’introduction en bourse au bureau des marchés financiers de Fuzhou. L’ONG Animals Asia a eu vent de ses projets et a protesté auprès de ce bureau. Depuis, silence radio. Les journalistes qui ont contacté le bureau se sont vu répondre :

La société Guizhentang a bien déposé un dossier d’introduction sur le marché boursier. Nous n’avons pas de commentaire à faire sur la validité de ce dossier en cours d’étude.

Pas un mot sur la lettre de Animals Asia. Alors le responsable Chine de l’association, Zhang Xiaohai, a décidé de lancer une campagne sur l’Internet.

Nous estimons qu’une entreprise qui a pour cœur de métier le prélèvement de la bile d’ours ne devrait pas être autorisée à être cotée en bourse.

La réaction des internautes chinois a été très positive. Ils sont des dizaines de milliers à s’être indignés.

Si l’entrée en bourse est autorisée, cela pourrait donner de fausses idées au public chinois, notamment qu’il est possible de s’enrichir grâce à des pratiques cruelles.

Pourtant, rien ne semble indiquer que cette levée de bouclier aura une influence sur le processus. Animals Asia a certes déjà dépêché des militants vers Pékin pour pousser sa cause lors des sessions plénières des deux assemblées (Assemblée Nationale Populaire et Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois) qui vont s’y tenir début mars. Mais Guizhentang a fait de même et a déjà exposé sa ligne de défense. Madame Qiu a ainsi répondu aux journalistes :

Nous avons obtenu une licence d’élevage d’ours en 1995 auprès du ministère de l’agriculture. Notre exploitation est légale. S’y opposer revient donc à s’opposer aux lois de la nation (…) Nos ours sont en bonne santé, ils peuvent se reproduire. Nos fermes sont aussi confortables que les crèches pour enfants, les ours y passent une vie très agréable, plus agréable que la fondatrice de Guizhentang. Le prélèvement de la bile ne leur inflige aucune souffrance.

Espérons qu’elle aura du mal à convaincre l’opinion publique de plus en plus sensible au problème.

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