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Les chauves-souris vampires provoquent une épidémie de rage

Pérou / / Amérique du sud

Une recrudescence de cas de rage dans le nord du pays a conduit les autorités péruviennes à mettre en place une campagne de vaccination au sein des populations indigènes pour lutter contre cette grave infection virale, dont les enfants sont les premières victimes.

Desmodontinae ou chauve-souris hématophages

Malgré les légendes inspirées par ces animaux terrifiants, les chauves-souris vampires n’ont pas assez d’appétit pour vider de leur sang un être humain. Mais leur morsure peut néanmoins s’avérer fatale, en raison des maladies véhiculées par leur salive.

L’année 2010 s’est révélée particulièrement tragique pour les communautés autochtones des provinces de Condorcanqui et d’Imaza, à la frontière avec l’Équateur, où 20 enfants ont perdu la vie, victimes de la rage. Il s’agit du plus grand nombre de victimes enregistré depuis une génération.

Les Desmodontinae, ou chauves-souris hématophages, sont des espèces originaires d’Amérique du Sud qui se nourrissent presque exclusivement du sang de mammifères ou d’oiseaux et représentent un vecteur important de la rage dans cette région, notamment au sein des populations vivant dans la forêt amazonienne. Les chauves-souris vampires mordent leur proie pendant son sommeil puis lèchent son sang, dont l’écoulement est facilité par un anticoagulant appelé draculine contenu dans leur salive.

Depuis le début de l’année, neuf enfants ont déjà perdu la vie, des chiffres qui semblent indiquer une aggravation de l’épidémie. Les autorités sanitaires ont décidé de procéder à une campagne de vaccination parmi les communautés rurales concernées, mais elles se heurtent souvent aux croyances locales lorsqu’il s’agit de guérir des personnes déjà atteintes par la maladie.

La dernière victime en date, une fillette de deux ans, a été retirée par ses parents de l’établissement où elle était soignée pour être emmenée auprès d’un guérisseur, et elle est décédée en cours de route. Les habitants de la forêt tropicale attribuent généralement les symptômes de la rage (état fébrile et convulsions) à un acte de sorcellerie, et s’en remettent en premier lieu à des guérisseurs avant de contacter un médecin.

César Velásquez Vílchez, directeur régional de la santé, signale que plus de 1 200 personnes ont déjà été mordues cette année. Pour lui, la vaccination n’est pas suffisante et devra être accompagnée de campagnes visant à informer la population et l’ensemble des professionnels de santé des moyens de prévenir les morsures des chauves-souris vampires, afin d’éviter que l’épidémie de rage ne progresse encore.

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