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Les prix des aliments flambent

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Particulièrement fragilisées par la grande sécheresse qui a touché la Russie et le bassin agricole de la Mer noire en 2010, l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale voient le prix des denrées alimentaires s’envoler en ce début d’année.

Sécheresse record, pénurie de stocks et spéculation mondiale… Le résultat de ce cocktail explosif est la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires en Europe de l’Est et en Asie Centrale.  Selon l’Organisation des nations unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), c’est le Kirghizistan qui a le plus souffert notamment de l’inflation sur le blé, avec une augmentation de 54% l’année dernière.

Non loin derrière, le Tadjikistan, l’Azerbaïdjan, l’Afghanistan ou encore la Mongolie, qui enregistrent des hausses entre 19 et 34%. La région, pour l’ensemble très dépendante des importations de denrées alimentaires, subit le contrecoup de la hausse des prix mondiaux. Ceux-ci ont atteint en janvier un niveau historique selon la FAO, qui juge que cette tendance risque de se prolonger. En Russie et en Ukraine, deux grand pays agricoles, les pommes de terre et le sarrasin sont, eux-aussi, vendus à des prix records, alors qu’ils sont à la base de l’alimentation surtout chez les plus vulnérables.

Pour la Banque mondiale, la hausse des prix alimentaires fragilise la situation macroéconomique de ces pays, déjà fortement touchée par la crise financière mondiale de 2009.

Plus d’un tiers des pays d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale ont enregistré une inflation alimentaire à deux chiffres en 2010. Par ailleurs, la hausse a fait naître également des vulnérabilités au niveau du solde des comptes courants dans les pays qui sont de grands importateurs nets de produits alimentaires et énergétiques. C’est notamment le cas du Tadjikistan, de la République kirghize, de la Géorgie et de l’Albanie dans la région Europe de l’Est et Asie Centrale.

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a également souligné que des pays comme l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan souffrent, en raison de la crise mondiale, de la baisse des fonds envoyés par les centaines de milliers d’émigrés travaillant à l’étranger, notamment en Russie et au Kazakhstan. Les jeunes centrasiatiques, autrefois sur tous les chantiers ou employés sur les bazars des pays voisins, rentrent en masse au pays, faute de travail.

Pour beaucoup d’habitants, cela pourrait se traduire par une réelle malnutrition, si les prix se maintiennent à ces niveaux.

L’Asie Centrale est une région où les prix de l’alimentation ont augmenté assez considérablement. Et vu les niveaux de pauvreté, les gens ont un important pourcentage de leur budget, 50% ou plus, qui sera consacré à cela

…, a ainsi rappelé le haut responsable. Pour mémoire, un conflit a éclaté en 2010 au Kirghizistan, aux origines politiques, ethniques mais également socio-économique, dans la vallée de la Ferghana. Il a fait des centaines de morts, et fortement meurtri le pays.

Il y a un véritable nœud de tensions qui pourrait avoir des répercussions sociales et politiques à travers toute l’Asie Centrale

…, a rappelé Robert Zoellick.

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