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Green et vert

Les fines bouches sauveront-elles l’écologie?

/ Amérique du nord

A l’heure où le mouvement écologique bat de l’aile, il semble que l’engouement pour une alimentation saine soit la seule chance pour le gouvernement de faire entendre ses valeurs.

© Alexis Madrigal

La cause écologiste semble perdre du terrain aux États-Unis, l’Agence pour la Protection de l’Environnement américaine est attaquée par le Congrès qui affirme ne pas pouvoir se permettre de financer la protection de l’environnement à cause des dettes nationales. Tout à coup, les écolos luttent pour rester en place face à une hostilité politique croissante, qui ébranle l’optimisme habituellement de rigueur.

Pendant ce temps, on assiste à la montée d’un nouveau groupe de pression : les défenseurs de l’alimentation saine.

Comparé à l’écologie, l’originalité de ce groupe est dans sa variété et sa multiplicité : il repose sur toute une série de mobilisations organisées plutôt que sur un mouvement national collectif. Lors d’une conférence sur l’alimentaire durable à New York début mars, on a pu en observer les différents visages : Le producteur hollywoodien d’« Une vérité qui dérange » (le documentaire d’Al Gore) venu parler de l’influence de bons diners familiaux sur les résultats scolaires, côtoyait un fermier expliquant les défis et récompenses de produire pour le marché local, ou encore une artiste New-Yorkaise, Britta Riley, faisant la promotion de l’agriculture urbaine en serres improvisées.

Le mouvement réunit en effet l’agriculture, la santé, l’alimentaire, la politique et les affaires, tous ralliés par une cause commune grandissante, depuis les scandales alimentaires des années 1980-1990. Certains américains se sont très sérieusement mis à réfléchir à ce qu’ils mangent !

On trouve maintenant des milliers de programmes d’agriculture communautaire dans tout le pays, pour seulement 2 en 1986. Les ventes de produits alimentaires « bio » ont atteint 25 milliards de dollars en 2009 (1 milliard en 1990) et Wal Mart, l’une des plus grandes chaînes de supermarchés, privilégie les fournisseurs soutenant le développement durable. Les restaurants les plus tendance s’approvisionnent localement, les cuisiniers écolos deviennent des super-stars et même la Première Dame des États-Unis s’implique dans la lutte contre l’obésité chez les enfants !

Le ministère de l’agriculture encourage également ces mouvements, avec le programme « Connaissez votre agriculteur, connaissez votre nourriture » pour mettre en contacts consommateurs et producteurs.

Le succès de ces programmes et mouvements a une explication bien simple : le plaisir – la nourriture doit avoir meilleur goût. Cette priorité va de pair avec l’autre bête noire des Américains, la santé.

Cependant, ces mouvements sont encore jeunes (l’une des organisations les plus dynamiques, Slow Food USA, ne compte que 20 000 membres) et la tâche devrait se compliquer au fur et à mesure que les engagements se renforceront. Pour changer les pratiques agricoles du pays entier, il leur faudra faire preuve d’un maximum d’organisation et d’énergie, et peut-être aussi marcher sur les plates-bandes des groupes environnementalistes.

Mais pour le moment, au contraire, les mouvements pour l’alimentation saine pourraient être le meilleur moyen de véhiculer les idées et objectifs écolos. L’agriculture industrialisée a un impact négatif pour l’eau, l’environnement et le climat, et la promotion d’une agriculture du développement durable pourrait améliorer notre nourriture mais aussi diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Développer la disponibilité de fruits et légumes à prix réduit aiderait les citadins souffrant de diabète ou d’obésité.

Contrairement à ce que croyaient les environnementalistes, ils ne contrôleront pas le monde en régulant les émissions de CO2, mais par la nourriture : les changements environnementaux et sociaux sont en marche et ils arriveront par nos assiettes.

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