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L’urgence d’un plan pour le “démontage de voitures”

/ Amérique du sud

Au Brésil, les chiffres automobiles ont de quoi faire peur : le parc dépasse les 35 millions de véhicules (7 millions uniquement à São Paulo) auxquels vont s’ajouter 25 millions dans les 5 prochaines années. 3,5 millions de voitures neuves ont été vendues en 2010, représentant le 4éme marché mondial.

Dans un tel panorama, avec 45% des personnes dans la capitale se déplaçant en voiture, la saturation est proche. Pour faire face à ce problème de « mobilité zéro », le gouvernement de l’Etat de São Paulo a lancé l’idée de démonter les véhicules à l’horizon des deux ans. On estime que 30 à 35% du parc se trouve en situation irrégulière, soit pour avoir été refusé au contrôle technique, soit pour non paiement de dettes fiscales. On pourrait donc commencer par ce contingent pour nettoyer le parc automobile.

Pour les parlementaires ayant planché sur le sujet, la Suède est l’exemple à suivre en matière de politique de recyclage de véhicules. Là-bas, dès l’achat de sa voiture, le client paye un certificat de recyclage, qui se transmet de main en main si le véhicule est revendu. Lorsque l’heure du recyclage sonne, le propriétaire amène sa voiture chez une entreprise autorisée qui lui verse le montant du certificat. Celle-ci prend alors en charge le démontage : d’abord les fluides et huiles, puis tout ce qui peut être réutilisé (pneus, verre, pièces, etc) est vendu à des tiers avec un délai de garantie. Ensuite, la carcasse est compressée puis envoyée dans des fours sidérurgiques. 90% des voitures sont déjà recyclées de cette manière en Suède, et l’objectif est d’atteindre rapidement les 100%.

La clé réside donc dans la responsabilisation de celui qui génère le résidu, quel qu’il soit : particulier, commerçant, industriel, constructeur… Or ce principe ne figure pas dans la nouvelle loi brésilienne sur les résidus solides.

Mais ces bonnes idées se heurtent au manque d’infrastructures de recyclage dans tout le pays. La plupart des villes ne possèdent pas de site adapté au traitement des déchets solides. C’est le cas de 72 des 92 villes de l’Etat de Rio et de 156 des 645 villes de l’Etat de São Paulo. Or ce sont les deux états les plus structurés du Brésil.

L’investissement nécessaire estimé est colossal, on parle de 35 milliards de Reais (15 milliards d’euros).

Faire payer celui qui génère le déchet est un autre problème. La ville de São Paulo avait créé une taxe dans ce sens mais elle a fini par reculer.

Le pays a tendance à se reposer sur son système informel de recycleurs de rue (il y en aurait près de 1 million aujourd’hui). Mais s’ils ne sont pas encadrés, financés et équipés correctement, ils ne pourront pas constituer la base crédible d’une véritable politique de recyclage et le plan cogité de démontage de véhicules ne pourra pas avancer.

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