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Un exemple réussi de dépollution dans l’usine mondiale du jeans

Chine / / Asie

Xiantang, une ville située à 20 kilomètres à l’est de Canton, produit 260 millions de jeans par an. 40% des jeans du marché américain y sont produits. Les nombreuses usines de teinture avaient ruiné la rivière de la ville. Mais une politique active a permis de récupérer la situation.

Les photos aériennes que montre Xiao Su, qui habite depuis des dizaines d’années sur les bords de la rivière Shuinan Zhichong sont édifiantes. Des usines collées les unes aux autres juste au bord de la rive, plus de 3 000 selon lui, déversent une eau noirâtre dans le cours d’eau. Ces photos datent du début des années 2000. La situation a bien changé depuis.

Si la ville continue de produire des jeans en quantités incroyables, elle le fait plus proprement. 100 000 ouvriers continuent de tirer leur subsistance de leur travail dans les confections et les teintureries. Mais le long de la rivière, les usines ont disparu et donné lieu à des arbres bien alignés.

Le responsable du bureau de l’environnement de Xintang, Huang Jianping, nous explique que 800 millions de yuans (environ 87,5 millions d’euros) ont été dépensés pour résoudre le problème énorme de pollution de la rivière. Des usines de traitement ont été édifiées, et 80% des eaux rejetées par les teintureries sont désormais traitées.

76 usines très polluantes ont été fermées, 68 ont été déplacées dans des zones industrielles.

On ne peut pas tout fermer, on adopte la solution des zones industrielles. Ca permet de regrouper les usines polluantes et de traiter de manière centralisée les eaux usées.

La facture est certes élevée, mais les entreprises n’ont pas le choix. Nanfang Fuzhuang (‘Vêtements du sud’) a déménagé dans une zone industrielle. Pour chaque mètre cube d’eau traitée, l’entreprise doit régler 10 yuans (environ 1,1 euros) à la société de traitement des eaux. Li Zhixiang, chef de l’usine, ne s’en plaint pas.

Auparavant, on avait toujours l’épée de Damoclès sur la tête, avec le risque que l’usine soit fermée à cause de la pollution. Alors même si nos coûts augmentent à cause de la facture de traitement des eaux, on n’a pas besoin de se faire des cheveux gris à longueur de journée.

Huang Jianping le reconnaît : ces efforts ont été consentis grâce à l’activisme de la population qui a exigé que la situation change.

Par le passé, tout le monde ne pensait qu’au développement économique, à gagner de l’argent. Désormais, on s’attache plus à la qualité de vie, et l’environnement est une composante essentielle.

Mais les habitants savent faire la part des choses et n’exigent pas une fermeture totale des usines. Xie Zhiheng, 50 ans, qui habite depuis sa naissance au bord de la rivière témoigne:

Je regrette le bon vieux temps. On pouvait se baigner une grande partie de l’année et les poissons pêchés étaient très bons. Mais bon, la situation est quand même meilleure qu’il y a quelques années, et puis on ne peut pas supprimer toutes ces usines. Ca fait vivre trop de monde.

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