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L’avortement comme moyen de contraception- une situation alarmante

Cuba / / Amérique centrale

Les Cubaines peuvent se réjouir d’habiter l’un des seuls pays d’Amérique Latine où l’avortement est légal et accessible à toutes. Le recours à cette pratique prend cependant des proportions alarmantes malgré ses conséquences pour la santé, notamment en termes de fertilité.

© Cristian Mihai Vela

Le cas de Yindra García, 28 ans, illustre bien cette situation, qui commence à préoccuper les autorités sanitaires de l’archipel.

J’avais peur de me faire une nouvelle fois avorter

confie cette jeune maman en expliquant qu’elle a décidé de garder son bébé, après avoir pratiqué neuf IVG en sept ans, le plus souvent en raison d’une mauvaise mise en œuvre des méthodes contraceptives.

À Cuba, l’avortement est non seulement autorisé depuis 1965, mais il est surtout accepté socialement et moralement : une situation très différente de celle de la plupart des pays latino-américains, où il constitue presque toujours un délit passible d’emprisonnement.

Miguel Sosa, président de la SOCUDEF (Société scientifique cubaine pour le développement de la famille), explique qu’à Cuba,  l’IVG est simple, rapide et gratuite. Depuis peu, elle est toutefois considérée comme un véritable problème de santé publique. Les spécialistes insistent désormais pour que les femmes soient mieux informées des risques qu’elles encourent, afin de ne plus prendre cette intervention à la légère.

Une enquête nationale sur la fécondité réalisée en 2009 révèle en effet que ‘la prévalence élevée de ces évènements à Cuba amène les spécialistes à affirmer que les cubains utilisent aujourd’hui cette pratique comme moyen contraceptif, c’est-à-dire comme alternative à l’utilisation (ou à l’utilisation incorrecte) des différentes méthodes existantes’.

Ces inquiétudes ont amené le gouvernement à lancer des campagnes d’éducation sexuelle à l’école et à offrir diverses méthodes contraceptives à des prix très bas. Car les IVG ne sont pas sans danger : en 2009, plus de la moitié des cas de stérilité féminine avaient pour cause les séquelles d’un ou plusieurs avortements.

Les derniers chiffres disponibles du ministère de la santé publique (MINSAP) indiquent une moyenne annuelle de 84 000 avortements pour l’année 2009. C’est moitié moins qu’en 1986, mais entre-temps, une autre forme d’IVG moins invasive appelée régulation menstruelle s’est développée, sans que celle-ci soit prise en compte dans les statistiques. La ‘régulation’ est réalisée au cours des six premières semaines par aspiration de l’utérus et ne nécessite ni anesthésie générale, ni transfusion de sang, pas même le consentement des parents pour les moins de 18 ans. Selon de récents travaux universitaires, cette pratique concernerait chaque année 3,6 % des femmes en âge de procréer.

Certains experts s’inquiètent de la diminution des naissances, qu’ils attribuent à la situation économique, aux faibles salaires et à la difficulté de se loger. Ils rappellent cependant que le droit à l’avortement est un acquis social qu’il faut préserver à tout prix : en offrant aux femmes la possibilité de planifier leur maternité, l’IVG a largement contribué à leur développement social et professionnel.

À l’heure actuelle, les avortements clandestins sont toujours responsables de 17% des morts maternelles à travers l’Amérique Latine.

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