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Le bilan carbone du café plombé par les fertilisants

Brésil / / Amérique du sud

Les émissions de gaz à effet de serre proviennent principalement de l’utilisation de fertilisants contenant de l’azote, selon une étude du Cena (Université de São Paulo).

Le Cena (Centre d’Energie Nucléaire dans l’Agriculture) a en effet conduit la première étude divulguée sur les émissions de l’agriculture brésilienne.

Les recherches se sont concentrées sur le secteur du café et ont été menées à la demande du torréfacteur italien Illycaffé. Elles portent sur trois propriétés localisées dans différentes régions de l’Etat de Minas Gerais, premier producteur du pays.

Les plantes ont besoin de l’azote pour produire de la protéine végétale. Il y a de l’azote dans le sol mais pas en quantité suffisante. D’où le recours à des fertilisants contenant de l’azote. Le problème est que la part non absorbée par les plantes produit un gaz appelé protoxyde d’azote (N2O), qui génère un effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2

, dit Carlos Clemente Cerri, le professeur chargé de l’étude.

Les premiers résultats (année agricole 2009/2010) révèlent que les émissions relatives au transport et à l’électricité pour le secteur du café sont loin de celles des fertilisants à l’azote. Par exemple, dans la région de Minas Gerais, alors que 14% des émissions proviennent du transport et 1% de l’énergie électrique, 75% sont dues à l’utilisation des fertilisants.

Dans les propriétés du sud du Minas, l’agriculteur, au lieu d’utiliser de l’azote, a adopté un minéral organique. C’est-à-dire qu’il a mélangé l’azote à un composé organique, ce qui réduit la part de l’émission à 50%.

Lorsqu’on analyse la quantité de CO2 émise par kilo de produit récolté, les terres du Minas obtiennent la plus grande valeur: 3 kilos d’équivalent CO2 par kilo de café produit.

Désormais, les recherches vont porter sur la réduction d’émission de N2O et sur la fixation de CO2 dans le sol.

Aujourd’hui, nous ne savons pas quelle quantité de carbone le café fixe dans le sol, mais nous pourrons certainement déduire d’une bonne partie des émissions la part relative à la fixation de carbone

, explique Cerri.

Il pense que les producteurs peuvent adopter d’autres pratiques d’utilisation d’engrais à base d’azote, avec parcimonie, à condition que cela ajoute de la valeur au produit.

Le caféiculteur ne modifie ses pratiques que si cela lui apporte une valeur ajoutée. Si le marché extérieur demande un café avec moins d’émissions, il va devoir s’adapter.

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